Meurtre dans la nuit

Lentement, je sens l’adrénaline refluer, mes muscles se détendre. Tout en contemplant le sang qui s’étale sur le mur, mon visage se crispe en un rictus nerveux. J’ai vaincu. J’ai tué.

J’admire mon œuvre. Le cadavre affreusement mutilé gît à mes pieds. Certains membres ont même été arrachés, l’abdomen semble avoir explosé, répandant viscères et fluides.

Naïvement, on pourrait croire que j’éprouverais du remords ou du dégoût. Au contraire, la mort fascine, captive. Je ne peux détacher les yeux de ce corps qui, il y a quelques secondes à peine, abritait la vie. J’exulte, je jouis de ces répugnants instants où le sang de ma victime se mélange au mien dans le creux de ma main.

M’arrachant à la jouissive contemplation, je tente de me reprendre. Il faut nettoyer tout cela. Faire disparaître les traces. Regagner innocemment mon lit. Mais rien ne peut effacer cette satisfaction sadique qui orne le coin de mes lèvres, cette saveur d’une aube triomphante après une longue nuit de lutte acharnée.

Le voilà mort, enfin ! Écrasé, atomisé. Saleté de moustique !

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