Écrire…

J’aime raconter des histoires.

Des histoires de fées ou de cosmonautes, de monstres attendrissants ou de vampires solitaires. J’aime lorsque, sous les touches du clavier, se crée un récit, une aventure.

Un tapir mange des lettres écrites dans un livre. Image sous copyright de Vladstudio

Qui n’a jamais écrit pourrait se dire que je choisis mes mots, que je dirige une représentation comme le ferait un metteur en scène, affranchi des limites de la réalité pour me frotter à celles, plus ardues encore, de la grammaire.

Il n’en est rien. Enfin si, au départ. J’ai une idée. Je la commence. Mais, très vite, les personnages échappent à mon contrôle, s’émancipent, font leurs propres choix.

Il m’arrive de pester, de m’indigner: « Non ! Ce n’est pas ce qui était prévu ! Pas par là ! ». Les personnages de fiction n’ont que faire des injonctions de la réalité. Le réel ? Laissez-moi rire !

Alors je m’installe et je savoure. En simple spectateur, j’admire et je jouis. Il m’arrive d’être taraudé par le suspens ou bouleversé par les émotions. Comment mon héros se sortira-t-il d’une situation a priori inextricable ? Comment va se finir cette folle cavalcade ?

Ô ineffable plaisir de l’écriture de fictions.

Plaisir qui devient tellement rare. Je suis gagné par la fièvre de l’instantané. J’ai le besoin d’écrire et de publier dans la seconde, de recevoir les commentaires de mes amis, de mes connaissances ou d’internautes que j’ai appris à reconnaître au détour d’un site web.

J’ai bien essayé de publier certaines histoires voire même des nouvelles entières. Mais la longueur en rebute plus d’un. Un texte un peu long sombre immédiatement dans le néant, comme s’il n’avait jamais existé.

Trouver un éditeur papier ? Beaucoup de démarches, beaucoup de temps pour essuyer des refus ou, pire, un bide total dans les ventes. Publier en feuilleton, par petits morceaux courts sur le web ? À creuser. Mon blog s’y prêterait-il ? Qui le lirait ?

Oui, parfois, la plume me démange. Mon clavier chauffe. Des héros hurlent sous mon crâne. Alors, je vérifie machinalement Twitter, puis Google+, puis Facebook puis le reste, encore et encore. J’y trouverais bien quelque chose à dire, une prétention politique à poster, une anecdote inutile à commenter, un troll à alimenter histoire d’étouffer ces mondes imaginaires sous la pesanteur de la réflexion réelle.

Histoire d’oublier que j’aime écrire des histoires…

J’utilise illégalement cette superbe image issue du talent de VladStudio.

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12 thoughts on Écrire…

  1. Gardel says:

    En gros, si j’ai bien compris, en plus du désir intense d’écrire, tu as besoin d’être lu et de recevoir des réactions rapidement. Sauf que c’est incompatible avec l’écriture de longues nouvelles.

    L’écriture de longues nouvelles prend du temps (de plusieurs semaines à plusieurs années selon le livre et l’auteur). Leur lecture prend du temps (plusieurs jours ou semaines selon le livre et le lecteur) et je dirais même que la lecture d’une œuvre ne se termine jamais car les lecteurs se succèdent sans fin dans le temps (du moins pour les très bonnes œuvres). Il arrive même qu’une œuvre soit oubliée mais soit redécouverte plusieurs siècles après et fasse succès.

    La critique (les réactions des lecteurs) suit le même chemin que la lecture et peut s’étendre sur des mois, des années, des siècles. D’ailleurs, plus le temps passe et plus la critique générale se précise et tend vers l’objectivité.

    Bref, on est loin de l’instantanéité des écrits « Internet », qui naissent en masse en l’espace d’une seconde et sombrent pour le coup dans le néant au bout de quelques minutes ou quelques jours dans le cas des plus grands succès.

    Les longues nouvelles et les posts sur les blogs ou réseaux sociaux n’ont pas non plus le même impact, et sur l’auteur, et sur le lecteur. Un tweet s’oublie. Un livre ne s’oublie pas. Le plaisir que prend l’auteur à écrire une longue nouvelle est infiniment plus long et intense que le plaisir prit à écrire un tweet. Idem pour le lecteur.

    Il faut savoir séparer ces deux mondes. Accepte de ne pas recevoir de réactions instantanées après la publication d’une nouvelle. Voire même, n’attends pas de réaction. Écris pour toi avant tout. Jouis de l’écriture. Les réactions ne sont pas importantes, tu verras quand elles viendront. Pense également que tes nouvelles pourraient être lues bien après ta mort. Il y a moins de chance pour que ce soit le cas de tes posts sur les réseaux sociaux.

    Bref, écris des nouvelles dans un esprit d’auteur de nouvelles, non dans un esprit de blogueur. Tu y prendras sans doute bien plus de plaisir.

    Quant à où les publier, je pense qu’une section dédiée sur ton site, voire un autre site fera l’affaire. Tu diffuses le lien de chaque nouvel écrit sur ton blog et sur les réseaux sociaux pour la pub, et c’est tout. :-)

    Ne te tracasse pas tant et écris tes nouvelles !, c’est le plus important. La sphère de l’instantané vit en parallèle.

  2. Pierre says:

    Avant, j’adorais tomber sur un article un peu long, quel qu’il soit (article technique, nouvelle, récit de voyage, documentaire…), car j’avais alors un bon petit moment à savourer devant mon écran.

    D’autant que sur feu mon blog, j’avais la mauvaise habitude d’écrire beaucoup trop.

    Mais aujourd’hui, le pragmatisme de l’homme moderne faisant, lorsque je tombe sur un article de fond un peu trop long, je lis le chapô, je parcours éventuellement l’article rapidement, et je ferme l’onglet du navigateur.

    Où est passée ma fougue de lecture d’antan ?

    Je réfléchis à l’achat d’une liseuse numérique, sur laquelle je pourrais glisser des tas de romans et autres nouvelles du domaine public…

    En attendant, pour tes écrits, tu peux peut-être passer par http://www.inlibroveritas.net/ ou encore http://www.publie.net/ (ce sont deux services différents mais qui peuvent t’intéresser pour diverses raisons). Et puis, tant qu’on parle de livres numériques : http://www.tea-ebook.com/

    En tout cas, sache que je suis friand de tes nouvelles allumées, surtout que tu manies l’art du retournement de situation avec brio !

    Bonne continuation !

  3. Ploum says:

    Gardel > Très bonne analyse, merci.

    Pierre > Publie.net recrute ses auteurs. Ils déconseillent l’envoie de manuscrit. Je n’ai pas non plus bien compris tea-book.

    Par contre, c’est vrai que ILV est une solution. J’ai également noté: http://easybook-project.org/

  4. Sarah Mirkovitch says:

    Voilà la preuve (x + que 9…) du caractère éphémère des réseaux sociaux! Je t’ai envoyé un commentaire sur ton post que tu n’as apparemment pas lu/reçu. Aucune importance :-) Je reviens vers toi, ici.
    Tt à fait d’accord avec Gardel (l’innommable…héhéhé) quant à son analyse qui rejoins mon bref commentaire sur G+.
    Pour ce qui est de l’info de Pierre, j’ai aussi fait un tour d’horizon sur InLibroVeritas pour voir si j’y publiais mes contes, mais je n’en ai pas retiré une bonne impression (opinion tte personnelle, bien sûr).
    Par contre, merci pour le tuyau de easybook que je vais consulter et qui me semble être, à première vue, un site de crowdfunding ou qqch ds le genre (faut que je m’informe un peu+)
    Et maintenant mon petit coup de pouce: essaie de contacter le Festival d’Avignon Off (pour une lecture de tes histoires, i.e), comme j’ai eu la chance de le faire :-)
    Je te souhaite, comme je te le disais dans mon com de G+ et à l’unisson avec Gardel, de prendre du plaisir à écrire…c’est une maladie dont on ne se relève heureusement jamais…
    Amicalement :-)

  5. Eylith says:

    Ouvre un second blog pour cette activité publier en feuilleton :) Je ne pense pas que je serais le seul à y passer en me demandant : “Ca y est ? La suite est publiée ?”.

  6. Niconux says:

    Cher Ploum,

    quels que soient les fruits de ta réflexion, et les conclusions qui s’en suivront : n’oublie pas que tes lecteurs, blog-runners d’un instant, ne le seront pas forcément toujours.

    Car si en cet instant les choses s’accélèrent, les signes avant-coureurs d’un changement de fond de notre société fleurissent de toutes parts et les consciences s’éveillent à d’autres besoins.

    Ainsi dans peu de temps (que je ne saurai mesurer mais là n’est pas la question) le “grand virage” nous obligera à nous poser et à nous “pauser” … en des temps soit de régression, soit de récession, où il nous faudra faire face à un ralentissement de nos rythmes de vie et je pense que de bons écrits nourriront nos esprits et retrouveront naturellement leur place dans nos vies.

    De ce fait, donc, quels que soient tes décisions, n’oublie pas de nous informer des moyens d’accéder à tes œuvres …

    Merci d’avance,

    Nico