Je n’ai que faire de votre business model

Je n’ai que faire de votre business model

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Le monde change et j’en suis heureux. Un petit peu tous les jours, progressivement. Parfois en pire, souvent en mieux. Une des conséquence est que certains business ne sont plus rentables. Ou ne répondent plus à une demande. Ils doivent s’adapter ou faire faillite. C’est normal, on appelle ça l’évolution de la société.

Les exemples sont innombrables. L’électricité a rendu complètement marginale l’industrie de la bougie. Dans mon pays, le nucléaire et le pétrole ont mis au chômage des milliers de mineurs de charbon. Les vendeurs de glace ont complètement disparu suite à l’invention du frigidaire.

Mais soyons plus modernes. Que sont devenues ces femmes qui répondaient à des lignes téléphoniques érotiques surtaxées dont les publicités envahissaient la gazette locale durant mon enfance ? Et ces entreprises de rencontre par téléphone dont la pub radio me tourne encore en tête ? Comment ont réagi les imprimeurs de cartes routières face à l’arrivée du GPS ?

Le GPS, parlons-en. Alors qu’il s’agissait au départ d’une option pour les voitures de luxe, facturable entre 2000€ et 5000€ il y a à peine quelques années, les GPS portables comme Tomtom et Garmin ont changé la donne. Un GPS portable, plus performant au dixième du prix ! Il y a moins de 5 ans, ce fût une révolution.

Mais achèteriez-vous des actions Tomtom ou Garmin à l’heure où n’importe quel téléphone de 150€ fait également GPS ? Avec les cartes mises à jour en temps réel, les infos trafic et votre carnet d’adresses intégré ?

Toutes ces évolutions, nous les regardons de loin, les trouvant logiques jusqu’au jour où votre propre travail se trouve dans la ligne de mire. Après la phase de déni « Le public n’accrochera pas, cela ne concerne qu’une minorité », vous vous replierez sur l’argument massue et ses nombreux dérivés : « Tout travail mérite salaire, il faut bien vivre ».

Comme si vivre de votre travail actuel était un dû, une loi immuable de la nature. Vous avez gagné votre vie car vous fournissiez un travail pour lequel des clients étaient prêt à payer. Pour autant, cela ne vous donne aucun droit moral sur le futur. Si personne ne veut plus payer pour votre travail ou si les clients arrivent au même résultat sans payer, c’est à vous de vous réinventer. Ou de mettre la clé sous le paillasson.

Vous aurez alors le réflexe de vous tourner vers l’état, d’imaginer un moyen via lequel la collectivité vous subventionnera, vous et votre industrie. À cela je répondrais : si votre service est indispensable, comme l’enseignement, la culture, les soins médicaux, alors effectivement l’état doit le prendre en charge sans le moindre impératif de rentabilité. Mais s’il ne l’est pas, il n’existera que si une clientèle assez nombreuse est prête à payer. Soyons réalistes : l’état devrait-il subventionner les bougies, les cartes routières et les GPS déliquescents ?

À ce point de la discussion, vous me mettrez certainement au défi de trouver une autre manière de gagner de l’argent avec votre travail, de vous créer un nouveau business model. Comme si le fait que je ne puisse pas en trouver soit la preuve ultime que rien ne devrait changer.

Vous savez quoi ? Je n’ai même pas envie de chercher. C’est votre travail, pas le mien. Si j’ai une idée de business model, je créerais une boîte, j’entreprendrais. Et si je n’en trouve pas, on ne pourra en tirer aucune conclusion. Peut-être que dans votre cas il n’y a plus de business model possible. Tout comme les vendeurs de glace : le métier est mort. Je vous souhaite le contraire.

Votre contre-attaque portera sur les frais liés à votre activité et en me détaillant le nombre d’heures que vous passez sur votre travail. Comme s’il s’agissait d’une justification de votre valeur. Mais rien ne vous oblige à faire ce travail. Personne ne vous force à continuer. Vous pensez être payé pour votre travail. En réalité nous travaillons pour être payé. Ne confondons pas cause et effet.

En désespoir de cause, vous vous rabattrez sur le chantage : si vous n’êtes plus payé, votre travail disparaîtra. Vous irez jusqu’à affirmer que votre industrie toute entière disparaîtra. Et bien, essayons. Si votre travail est si indispensable, une menace de fermeture devrait délier les bourses. Mais ne comptez pas trop dessus : les cimetières sont remplis de gens irremplaçables.

Au final, vous vous contenterez de me dire que j’ai tort et de me clouer le bec avec une réplique bien sentie. Mais quel que soit votre travail, il sera bientôt obsolète. Dans un an ou dans dix. Le monde change. Certains pratiquent une adaptation continue tellement subtile qu’ils ne s’en rendent pas compte. D’autres se réinventent périodiquement. Certains s’accrochent de toutes leurs forces, tentant d’empêcher l’évolution du monde pour ne pas se remettre en question. Érigeant en morale universelle ce qui n’est que vénalité.

Je crois que nous sommes tous d’accord pour dire que les personnes de cette dernière catégorie ne méritent plus notre argent.

 

Photo pas MKFautoyère

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44 thoughts on Je n’ai que faire de votre business model

  1. Gilles says:

    Michelin se porte pas trop mal, merci pour lui :)
    Moins qu’avant mais quand même pas trop mal.
    Sinon TomTom and co aussi continuent de marcher, notamment par la qualité de l’écran (un équivalent smartphone coûte cher, surtout que les gens ne renouvellent pas forcément un téléphone pour un smartphone).
    Certains modèles s’adaptent quand même.
    Sinon cela voudrait dire qu’on sacrifie tout à un monde numérique plus moderne.
    Signé un bibliothécaire, symbole d’une culture avec un avenir : le papier :p

  2. “TomTom and co aussi continuent de marcher”. Non. Ils meurent. C’est juste que ça met du temps et qu’ils vivent encore sur la population qui n’a pas encore de smartphone. Mais ils meurent.

    Signé : quelqu’un qui a passé trois ans dans l’industrie du GPS

  3. Gamoth says:

    Bonjour,

    Un très beau texte encore une fois, merci de nous faire partager tes réflexions.

    Bon courage et bonne continuation !

  4. Galuel says:

    Tout ceci est très juste.

    Cela conduit à la question la plus fondamentale de toutes suite à cette assertion temporelle :

    “Vous avez gagné votre vie car vous fournissiez un travail pour lequel des clients étaient prêt à payer. Pour autant, cela ne vous donne aucun droit moral sur le futur”

    La question étant l’homme(t) a-t-il quelque droit moral que ce soit sur l’homme(t+dt) ?

    De la même façon l’homme(t+dt) a-t-il quelque droit moral que ce soit sur l’homme(t) ?

    A quel droit l’homme(t) et l’homme(t+dt) distants dans le temps font-ils référence quant à l’appropriation de la matière originelle, produite ni par les premiers ni par les suivants ?

    Ou mieux encore, 1789 nous ayant appris qu’il n’y a de droit que celui érigé par l’homme lui même, et comme Thomas Paine le disait très bien, “les hommes de 1788 avaient-ils quelque droit que ce soit à définir des Lois prétendument valables pour les hommes de 1789 ?”. De la même façon en quoi le droit de quelque nature que ce soit a quelque validité que ce soit entre les hommes(t=1929) et les Hommes(t=2013) ?

    http://www.creationmonetaire.info/2012/10/thomas-paine.html

    Sans répondre à cette question fondamentale on ne comprend pas ce qui se joue très exactement dans ce qui est décrit dans ce post, la référence à un droit qui n’est pas un droit absolu mais un droit établi dans le temps, un droit différentiel fonction du temps, un droit(t) n’étant pas un droit(t+dt) entre hommes(t) et hommes(t+dt) formant une société-flux temporelle, une société(t).

  5. MaitrePylos says:

    Sur ce….Bonne année et meilleurs voeux dans votre remise en questions :)

  6. Laurent V. says:

    “On n’a jamais vu un fabricant de chandelles se mettre à vendre des ampoules.” — Joseph Schumpeter

  7. Juste une phrase que je ne comprends pas : “Si votre service est indispensable… alors l’état doit le prendre en charge”.
    Un service indispensable crée une demande universelle, non ? Donc laissés en liberté, un nombre infini d’entrepreneurs vont tenter de satisfaire cette demande, créant le meilleur service possible au meilleur prix possible. Pourquoi détruire ce processus en créant un monopole ?
    Ceci dit, excellent article, très juste. :-)

  8. anon says:

    Article juste par contre, je sais pas chez toi mais moi dans le sud de la France les GPS intégrés aux portables sont de très mauvaise qualité, par rapport aux GPS normaux.

    Totalement inutilisable en voiture, ça capte une fois sur 3 et y’a des décos tout le temps (et j’ai un excellent tel portable).

    Donc ouais c’est sur que c’est le futur, et ce sera même bien pratique, mais en attendant dans la vraie vie ça marche pas (chez moi).

  9. patrick_g says:

    Le texte est intéressant mais amha il cache la véritable difficulté sous le tapis. Tout le monde est d’accord que l’Etat ne doit pas subventionner les vendeurs de chandelles à cause de la concurrence de l’électricité ou les vendeurs de pains de glace à cause de la concurrence des réfrigérateurs.
    La faille béante de ce raisonnement se trouve dans la phrase suivante de Ploum :

    >>>si votre service est indispensable, comme l’enseignement, la culture, les soins médicaux, alors effectivement l’état doit le prendre en charge sans le moindre impératif de rentabilité.

    Mais qui décide ce qui est _vraiment_ indispensable. Dans cette phrase nous avons juste une affirmation selon laquelle “l’enseignement, la culture, les soins médicaux” sont idispensables et doivent être subventionnés. Cette affirmation est très conttestable et dépend fortement de l’environnement socio-politique dans lequel nous vivons. Par exemple je doute que la majorité des citoyens américains soit d’accord pour inclure les soins médicaux. Les industriels de la culture et du divertissement vont s’engouffrer dans cette brèche pour dire que leur métier n’a rien à voir avec la vente de chandelle et que la culture (donc le cinéma, la musique, etc) doit être subventionnée. Ils pourront d’ailleurs s’appuyer sur ce texte de Ploum pour les soutenir puisqu’il reconnait que “l’état doit prendre en charge (la culture) sans le moindre impératif de rentabilité” !

    En résumé la thèse selon laquelle les business models ne sont pas éternels n’est pas polémique. La vraie question c’est “quels sont vraiment les business models qui doivent être protégés et subventionnés par la communauté” ?

  10. Ailurus says:

    Bonjour,

    Cette phrase me fait tiquer : “À cela je répondrais : si votre service est indispensable, comme l’enseignement, la culture, les soins médicaux, alors effectivement l’état doit le prendre en charge sans le moindre impératif de rentabilité.”

    Qui décide de ce qui est indispensable ? Par exemple dans ta phrase, qu’est-ce qui fait que la culture l’est ? Les infrastructures de transport le sont-elles ? L’accès ADSL pour tous l’est-il ?

    Bien à vous
    T.M.

  11. Galuel says:

    @patrick_g

    Mais qui décide ce qui est _vraiment_ indispensable ?

    En effet ! Et c’est tout le fondement de la Théorie Relative de la Monnaie (TRM) que de poser comme principe fondamental que nul n’est en droit de décider en lieu et place d’autrui de ce qui est valeur et de ce qui ne l’est pas.

    http://www.creationmonetaire.info/2012/11/theorie-relative-de-la-monnaie-2718.html

    Et c’est sur cette base fondamentale que la TRM aboutit à la solution d’une monnaie seule valeur commune acceptée comme moyen d’échange universel puisque toute autre valeur n’est pas consensuelle, qui soit symétrique dans l’espace-temps.

    Les solutions monétaires des équations ainsi générées sont connues et explicitées dans la TRM, elles dépendent de l’espérance de vie humaine de la zone économique considérée.

  12. deadpool says:

    ” Non. Ils meurent. C’est juste que ça met du temps et qu’ils vivent encore sur la population qui n’a pas encore de smartphone. Mais ils meurent.”

    Je trouve tes arguments bons, et je me raccroche à ton opinion. Cependant, j’ai une remarque à faire côté client. Si il est vrai que les sociétés fournissant des GPS portables ne se portent pas bien, il y a encore des clients pour ce genre de technologie. Je travail dans un domaine nécessitant de se déplacer énormément, et le GPS est indispensable. Mes collègues en ont presque tous un, dont certain acquis récemment, et non possédont tous un, voire 2 smartphones.
    Pourquoi? La réponse est “la qualité”. ne pas trouver l’endroit parce que le téléphone a décider de buguer, l’écran qui s’éteind lorsque l’écran chauffe, c’est-à-dire toutes les 5 minutes, l’impossibilité de calculer un itinéraire sans réseau data (super quand on passe les frontières), et pleins d’autres arguments. Je pense, et j’espère, que ces sociétés ne vont pas mourir. Bien sur elles attirent moins de clients, mais elles conservent les clients recherchant la qualité. Dans cette société de consommation ou presque tout est jettable, j’ose espérer que les entreprises fournissant des produits de qualité pérdureront, comme le vieux luttier en bas de chez moi, qui est encore et toujours là à réparer ces violons.

  13. splitsch says:

    Salut

    Voici pour un éditeur de carte belge :

    http://www.lecho.be/actualite/entreprises_technologie/De_Rouck_en_reorganisation_judiciaire.9218101-3063.art?ckc=1

    Deuxième petite réflexion relative au caractère “indispensable” de l’activité exercée : qui détermine ce caractère, et sur base de quels critères ?
    Je pense notamment à la “culture” : sous quelles formes (formats) ? etc.

    Aplus

    Yan

  14. Vincent says:

    Ca me rappelle la (fausse) pétition de Bastiat : http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9tition_des_fabricants_de_chandelles :)

  15. Vincent says:

    excellentissime ! et rafraichissant,
    alors que la majorité (en bruit) d’entre-nous passe son temps à chercher comment vivre aux dépends de son prochain, et à rédiger la couche de bien-pensance qui permettra de le faire sans honte, aux noms de égalité, fraternité, etc (cocher la case etc).
    Merci.

  16. kao says:

    “ Ce ne sont pas les plus les plus forts qui survivent, ni les plus les plus intelligents,mais ceux qui sont les plus rapides à s’adapter au changement.” Charles Darwin.

    Pour chacun d’entre nous, la difficulté réside dans le fait de prendre la bonne route, au bon moment.

    Kao

  17. Nemotaku says:

    Vu la qualité des GPS sur smartphone, j’espère bien que les fabricants de GPS ne mourront pas trop vite parce que …. je reste client moi. Après je dis peut être une connerie mais ils auront pas du boulot avec les GPS intégrés aux voitures ?

  18. Patrick Installé says:

    Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité.[Gandhi]

  19. À tout ceux qui parlent de la phrase « si votre service est indispensable, comme l’enseignement, la culture, les soins médicaux », je suis d’accord que c’est un débat entier. Déterminer ce qui est indispensable ou pas dépend entièrement de la vision politique et c’est un tout autre débat dans lequel je ne souhaitais pas entrer ici.

    Notons bien : je parle des services indispensables à tous mais qui ne sont pas rentables (l’enseignement, par exemple, est très cher mais j’estime que c’est le rôle de l’état de le prendre en charge pour tout le monde).

    Après, on ne va pas rentrer dans le débat de savoir ce qui est ou n’est pas dans cette liste. Je pense que très très peu de business qui se plaignent actuellement sont de toutes façons éligibles. N’oublions pas que passer sous le contrôle de l’état n’a pas que des avantages. Ce que je fustige c’est ceux qui veulent le beurre et l’argent du beurre : garder l’indépendance et le status entrepreneur tout en faisant payer la collectivité pour leur salaire. Typiquement la licence globale, la redevance sur le support, etc.

  20. kiw says:

    C’est marrant que tu parles de culture en souhaitant qu’elle soit financée tout en insinuant que l’industrie de la cassette audio (musique donc culture) doit arrêter de demander d’être financée.

  21. jean claude duss says:

    Je suis d’acc sur le fait que le monde change, qu’il faut évoluer, bouger, changer, innover.
    je le fais presque tous les jours, m’adapter…

    mais ce discours c’est celui d’un ingénieur (c’est en signature du post)… c’est surement valable pour quelques ingés, informaticiens, bons industriels…
    Mais pour une couturière, une métalo, une gars qui sais rien faire d’autre que mettre des trucs dans des boites ou visser des vis… c’est quand même pas du tout la même chose.
    s’adapter, se réinventer à 50 Ans quand on fais la meme chose depuis 25 ans et qu’on sait pas faire grand chose ?… ceux la on en fait quoi ? on les laisse à la rue ?

  22. Vivien says:

    Article dérangeant et pas faux, mais injuste. Certains métiers permettent une évolutivité nettement plus simple que d’autres, certaines personnes peuvent nettement mieux s’adapter que d’autres. Ça ne les rend pas sans valeur pour autant.

    Ton discours, c’est un peu “adapte-toi/marche ou crève”, ça schématise dans la société humaine la théorie de l’évolution. Mais justement notre société permet d’améliorer un peu les choses, sans ça dès qu’on ne serait plus aussi performant on se ferait buter. Heureusement ça n’est pas toujours le cas…

  23. kao says:

    La cassette est un support, ce n’est pas de la musique, mais elle represente des sociétés, des entreprises donc des gens. L’art d’évoluer vers de nouvelles étapes, le cd, le mp3 est de le faire en accompagnant les gens dans le changement. La variable d’ajustement, c’est les gens.
    L’idée majeure a été de faire accepter aux nouvelles générations que le changement est devenu une constante de leur vie: S’adapter ou crever.
    Mais le problème du changement permanent, c’est que ça rends les revenus variables et donc affecte le train de vie. Pour les gens comme pour les entrepises, ce changement est difficile surtout quand on s’est installer sur un tas de blé depuis longtemps (Cinéma, Musique, GPS etc…)

    Cette guerre entre volonté d’évolution et protection des acquis est la seule constante.

  24. Nicolas says:

    Sujet intéressant, mais que je ne lis pas de la même façon.

    Si on met de côté le fait que tu vises les majors et autres “vieilles industries”, le sujet est 100% d’actualité avec les taux de chomage complètement délirant.

    “Certains pratiquent une adaptation continue tellement subtile qu’ils ne s’en rendent pas compte. D’autres se réinventent périodiquement. Certains s’accrochent de toutes leurs forces, tentant d’empêcher l’évolution du monde pour ne pas se remettre en question.”

    Est-ce que tu crois vraiment qu’il “suffit” de s’adapter pour continuer à vivre ? Je veux dire, ça sous-entend que tous ceux qui n’y arrivent pas sont “out” parce qu’ils n’ont pas l’envie de s’adapter ?
    C’est exactement le discours libéral qui passe en boucle sur BFM et les autres media. Les chômeurs sont des fainéants qui ne veulent pas vraiment bosser. Je sais que je déborde de ta volonté de texte d’origine, mais je l’ai vraiment lu dans cet esprit là (ce n’est que via les commentaires que j’ai compris le message que tu souhaitais faire passer).

    Alors oui lorsque tu dis “vous aurez alors le réflexe de vous tourner vers l’état, d’imaginer un moyen via lequel la collectivité vous subventionnera”, je ne peux que penser qu’un Revenu Garanti Inconditionnel (pour vivre, manger, s’habiller, se loger, s’éduquer, se soigner, etc.) devrait effectivement être pris en charge par l’Etat.

  25. Nicolas > Je suis partisan du revenu universel car il ne fausse pas du tout la concurrence: il est universel et ne fait que mettre une base assez haut. Mais ce n’est pas du tout l’objet de ce billet, qui parle business.

    Et si un artisan qui fabrique des bougies ne sait pas s’adapter car ses bougies ne se vendent plus, ce n’est pas à l’état de financer ses bougies et de payer son travail. Oui, l’état doit lui permettre de vivre même si il ne vend plus de bougies. Mais l’état n’a pas à intervenir dans le business. Ce qui pourtant ce qu’on voit partout et ce que les entreprises en difficulté demandent.

  26. Eric says:

    Article pertinent, intemporel mais j’apporterai une nuance.

    Et il me renvoie vers la propre évolution de mon secteur d’activité et des réflexions que nous avons en interne dans ma boîte : changer d’activité (ou la faire évoluer) ou se battre pour rester les derniers d’une clientèle de niche mais très demandeuse.

    La réponse actuelle est un mix des deux options.

    En effet, même si les marchands de chandelles ont vu leurs parts de marché drastiquement diminuer par l’électricité, il reste un marché important aux marchands de chandelles… ce n’est tout simplement plus le même usage indispensable d’antan, mais néanmoins le produit existe toujours et garde une demande certaine.

    Tout comme les cartes routières, les livres, le vinyle (d’exception des formats physique audio ?), les feux ouverts (ou poêles à bois), etc.

    Il est très tentant de changer radicalement d’activité lorsque l’on voit poindre l’évolution qui va “tuer le marché”, en réalité, si on arrive a rester dans la course et être “les derniers” (ou ré-inventer le métier), cela peut être très payant.

    Peut-être que dans les “nouvelles technologies” cela s’applique moins qu’ailleurs. J’imagine mal l’usage d’un GPS classique dans 10 ans, même pour le fun ou le côté vintage (et pourtant ?).

    A réfléchir…

  27. jean claude duss says:

    merci pour le précision lionel, avec celle ci, je suis 100% d’acc avec toi

  28. plv says:

    J’avoue que cet article me dérange un peu : le changement de la société va très vite et l’adaptation n’est pas forcément quelque chose de simple.

    Du coup, supposons que la société évolue de plus en plus vite et que seul 20% de la population ait un pouvoir d’adaptation suffisant pour s’en sortir, que fait-on ? on laisse les 80% restant dormir sous les ponts ?
    Par ailleurs si ce pouvoir d’adaptation se transforme à chaque instant en “c’est lui qui réussit ou moi, mais pas les deux”, est-ce qu’on ne crée pas une société invivable ?

    Beaucoup de gens qui ne peuvent pas s’adapter aux changements actuels ne sont pas pour autant des gens méprisables. Ils peuvent avoir des qualités qui n’ont rien à voir avec le pouvoir d’adataption (gentillesse, tolérance, conscience, idéalisme,…).

    Je pense que c’est un des rôles de la société de pouvoir intégrer en son sein, sinon toute la population, au moins une grande majorité ; quelle que soit les compétences physiques, cognitives, émotionnelles, les capacités d’adaptation,…

  29. Thomas says:

    Hypothèse: le monde n’avance pas à la même vitesse partout et pour tout le monde.

    et si l’adaptation passait par la recherche d’autres clients, localisé ailleurs et non par l’abandon du savoir faire ou d’une partie de celui-ci?

  30. hitch says:

    Bof, que de banalités. On met tout dans le même sac, on mélange avec des évidences trop évidentes et on est presuadé d’avoir versé l’intelligence en pature aux petites gens aveuglées. Pitoyable.

  31. flomoto says:

    Efficace et réaliste, j’aime bien.

    Petite erreur sur la dernière phrase :
    “…. que les personnes de cette dernière catégorie ne mériteNT plus notre argent.”

  32. flagos says:

    Je pensais comme toi… avant.

    Je pense aujourd’hui consomme de moins en moins de services. La mode est au Do it yourself et a la commande sur internet dans tous les secteurs.

    Alors oui, on peut toujours dire “adapte toi ou creve”. Le problème, c’est qu’a la fin, c’est ikéa et amazon qui gagne et nous on manquera toujours de pouvoir d’achat.

    En effet, les habitudes de consommations tendent a se concentrer auprès de quelques marques dans chaque secteur laissant le reste de concurrence sur place (ikea, Apple, etc..).

    C’est regrettable car on se prive de plus en plus de services de petites entreprises pour n’acheter qu’auprès de grosses compagnies: au final, c’est l’emploi et les centres villes qui trinquent.

    Les nouvelles habitudes de consommations sont beaucoup plus uniformes que par le passé, l’homme étant d’un mimétisme saugrenu.

  33. La grande Mémé says:

    Je suis vieille et je peux vous dire que ça fait 30 ans que ce débat existe.

    30 ans de chômage supérieur au “volant de chômage nécessaire”, on est effectivement fondé à se dire qu’il s’agit d’un phénomène structurel et c’est tant mieux : ce n’est pas la peine d’avoir inventé la machine à vapeur, l’électricité et l’informatique si c’est pour travailler comme au temps de la préhistoire.

    Mais ça demande que soit repensé le système de rémunérations, soit par le partage du travail, soit par le revenu universel et la dissociation du “couple” travail/rémunération, ça existe en partie, rémunération fixe – travail variable, soit d’autres systèmes à inventer et qui s’inventent ici même ou ailleurs. Mais tout ça se fait de façon anarchique puisque les pouvoirs publics refusent de faire le constat suivant : le plein emploi, c’est fini.

    En tous cas, c’est le contraire qui se produit : augmentation des taux de productivité, augmentation du temps de travail pour plus de profit.

    C’est le modèle néo-libéral qui veut ça, s’il vous agréée, tant mieux parce que c’est vous devrez vivre avec, pas moi.

  34. André Casu (@casuandre) says:

    Les animatrices existent toujours sur les numéros surtaxés, chat et live shows sur Internet.

    On ne s’éclaire plus à la bougie depuis le Moyen Age, la lampe à huile était déjà moins chère et plus pratique. Le marché de la bougie et pas sur le déclin, les fabricants français sont juste concurrencé par les chinois.

    Le charbon est la première énergie utilisé pour produire de l’électricité.

    Les fabricants de glace ont augmenté depuis l’invention du frigo. Les particuliers n’achètent plus de glace mais aucune poissonnerie (entre autre) s’en passe encore de nos jours.

    Les données sur GPS et sur les cartes papiers sont fournies toujours par les même sociétés (télé atlas) qui les fournissent à Michelin, Google, Tom Tom, et à beaucoup de sociétés de produits publicitaire. Avec les cartes de rando, le marché de la carte est pas encore prêt de disparaître. Et si Google fourni gratuitement les même données que Tom Tom sur des téléphones à 150€ c’est grâce au “pub modèle” mais ne met personne en péril.

    Il faut arrêter de croire et raisonner comme une multinationale qui tout ce qui ne peut atteindre une taille critique à la Google ou Nestlé mérite d’être abandonné. Il existe encore des cordonniers dans beaucoup de ville ;-) 

  35. Marc says:

    Beaucoup de commentaires sur le passage des services publics et comment décider ce qui est VRAIMENT utile.
    Mon point de vue est un peu différent: l’état sans être une entreprise doit également se poser la question de la “rentabilité” de ce qu’elle subventionne. L’école est rentable dans la mesure où elle forme ceux qui vont créer la valeur demain. Simplement un état n’a pas de P&L pur et dur, ni ne disparaît pour faillite, et que la constante de temps pour mesurer le succès de ses investissements est encore plus long(en génération plutôt qu’en trimestres)

  36. paflapuce says:

    le ‘business’ c’est comme le ‘lochness’
    on l’a inventé pour ne jamais s’y retrouver

  37. Yannick says:

    J’adore ce type d’article.

    Je pense comme toi que chacun doit s’adapter. Qu’on arrête de nous faire croire que derrière le travail de quelqu’un, une famille est nourrie et vit dignement. Qu’on arrête de nous bassiner avec ce qui se rapporte à la qualité de vie. Nous, on sait que seule la valeur travail compte, et que la société ne doit être vue et analysée que sous cet angle.

    La personne qui n’arrive pas à s’adapter n’a qu’à arriver à rebondir ! On ne va quand même pas la prendre par la main. À elle de “marcher”, et si possible sur les pieds de ses voisins. Quand on marche, d’autres crêves et c’est bien fait pour eux, ils n’avaient qu’à marcher dans nos rangs.

    La société avance dans le bon sens, et seuls les pauvres (d’esprits mais pas que) sont laissés en chemin. Autrefois, la concurence était trop présente, et trop de petites sociétés existaient. Heureusement, aujourd’hui, il y a de plus en plus de grosses sociétés, qui, à force de rachats, sont de plus en plus grosses et disposent de plus en plus de pouvoir. Elles, au moins, elles savent avancer. C’est chouette.

    Toutes ces évolutions, nous les regardons de loin, les trouvant logiques jusqu’au jour où votre propre travail se trouve dans la ligne de mire. Car oui, seul notre poire compte et toutes les évolutions sont comparables. Donc ne cherchez pas à les différencier et acceptez-les toutes de la même façon, surtout si elles vous semblent aller contre l’intérêt général ! On s’en fou de l’intérêt commun.

    Comme si vivre de votre travail actuel était un dû, une loi immuable de la nature. Quand je pense aux enfoirés qui ont écrit dans la déclaration des droits de l’homme que “toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail”… Je crois qu’est venu le moment de brûler ce torchon. Et surtout, n’essayez pas de comprendre pourquoi cela avait été inscrit à l’époque. Le passé, c’est le passé, et aucune expérience ne doit être tirée de l’histoire. Regardez devant vous et inventez, bon sang !

    Il faut que les gens comprennent que, plus que jamais, l’avenir est le chacun pour soi. Et que c’est comme ça et qu’on n’y peut rien. Que toute notre société vit aujourd’hui autour d’un modèle qui est la conséquence d’une évolution naturelle. J’en entends qui disent : “euh, non, tout cela a été façonné depuis de très nombreuses années par des orientations politiques ! Rien n’est lié au hasard !” Pfff… N’importe quoi.

    Certains s’accrochent de toutes leurs forces, tentant d’empêcher l’évolution du monde pour ne pas se remettre en question. Les enfoirés ! Ce n’est quand même pas parce que la société n’évolue pas dans un sens qui leur convient (politiquement, sociétalement) qu’ils doivent s’accrocher ! Je suis bien d’accord avec ta conclusion : qu’ils crèvent !

  38. metty says:

    kewl article ms la ou ya un blem c keu les fabricants de glaces (lire “les majors”) y zont des sous et ils bakchichent le gouv grave.
    dc y sont pas en etat de “je pleurniche pour mon biz” aupres de l’etat ms plutot “vous faites ssa et ssa “. Et si l’ on couple cela a l etat de wild wide west ds lequel nous sommes du fait de la globalisation , on en arrive a des compagnies ki ont plus de pouvoir keu des gouvernements (et bien dautres interets keu celui des simples citoyens).
    Ce que j essaye de dire c keu mm si tu te fous de leurs plaintes, le probleme n’est pas la.
    L effrayant dans tout cela c est kils ont les moyens d’ imposer leurs plaintes et nous allons les subir, il me semble..

  39. manuell says:

    Le monde change, ou peut changer, en partie grâce aux progrès de la technologie. C’est le cas par exemple avec les OGM et l’exploitation des gaz de schiste. Il faut donc faire une analyse coûts/bénéfices, avantages/inconvénients, en particulier en prenant en compte l’intérêt général, sur le long terme. Bref, ce n’est pas parce que c’est techniquement possible, que c’est bien.

    Dans l’exemple des fabricants de chandelles, il me semble qu’il s’agit du remplacement d’une industrie par une autre. Même chose avec les fabricants de diligences confrontés à l’arrivée du train. Dans les deux cas, la nouvelle solution est manifestement meilleure.

    Pour l’industrie musicale, je crois que les choses sont différentes.Il y a bien un fort déclin d’un côté, mais pas de remplacement à la hauteur de ce qui disparaît. Au final, il y a moins de disques produits, moins d’artistes signés, moins de musiciens vivant de leur travail. Je comprends bien ce que les discussions autour des “business model” peuvent avoir d’ennuyeux ou d’artificiels, mais il ne faut pas oublier, quand même, que si un modèle ne marche plus, et bien les choses qu’il produisait disparaissent, tout simplement. C’est à prendre en compte dans les bilans avantages/inconvéniants.

    Les lois tournant autour de ce qui est appelé “la propriété intellectuelle” (je sais que ces termes ne sont peut être pas bien choisis) sont toutes basées sur la même idée : autoriser un monopole d’exploitation, dans l’idée que ce monopole permettra de faire de l’argent, et donc encourager l’invention et la création de nouveauté. Sont concernés le “copyright”, les brevets et le droit des marques. Un exemple célèbre de l’intérêt de ce système est Thomas Edison, fondateur de General Electric et grand fossoyeur des fabricants de chandelles.

    Si on pouvait un jour “imprimer en 3D” chez soi des ampoules électriques, tout l’édifice bâti autour des brevets s’écroulerait. Tu diras certainement que c’est bel et bon, mais le fait est que les capitaux privés iront ailleurs. Car les capitaux vont vers ce qui est rentable, et tant pis pour ce qui était financé auparavant.

    Au final, je crois que c’est une mauvaise idée de se désintéresser des “business model” et des conséquences de leurs évolutions.

  40. Yvan huriez says:

    Tu occultes totalement la dimension sociale du “business model”.
    Si le fruit de mon travail en france n’est plus rentable car des humains traités comme des esclaves à l’autre bout du monde font la même chose pour 20 fois moins cher et que j’accepte celà, cela revient aussi à considerer l’esclavage comme une chose normale.

  41. joker says:

    MERCI ! \Ö/

  42. iGor says:

    Un article intéressant qui a un certain rapport avec le sujet, sur le blog de Paul Jorion, mais pas de Paul Jorion : “Des limites du mode de production occidental”
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=48900
    Où l’on voit réapparaître les rapports de force de classe, et surtout l’écrasante norme de profit, qui structure passablement la norme de production et de consommation aujourd’hui.

  43. Manu D. says:

    A 100% d’accord avec ce billet !
    Et, qui plus est, les commentaires de l’auteur pour (re)préciser qu’il évoquait bien là le business, et non les conditions des individus, m’ont encore conforté dans mon idée.

    En revanche, je ne comprends pas les commentaires du type “les fabricants de GPS ou de cartes routières ont encore de l’avenir pour telle et telle raison”… mais enfin, c’est une évidence !
    Simplement, ils se tournent d’autant plus vers des marchés de niche pour continuer d’exister (GPS embarqués, précision extrême ou taux de service de 100%…) : ils s’ADAPTENT. Tout ce que dit l’auteur dans son sujet.
    Il existent à ce jour des tas d’exemples d’entreprises prospères qui exploitent le haut des courbes en S (http://triz-experience.blogspot.fr/p/la-courbe-en-s.html), et laissant l’océan rouge à d’autres. Ils ont choisi de s’attaquer à l’océan bleu, là où le marché est peut-être moins conséquent, mais où la concurrence est également moins féroce.

    Et pour finir, je ne vois pas ici quelque louange portée aux multinationales Google et Nestlé.
    Car OUI, le luthier ou le petit cordonnier du quartier a tout à fait sa place dans ce discours, tant que ses recettes sont en mesure de dépasser ses dépenses. Et tel est probablement le cas s’il y a une demande client.
    N’oublions pas le but d’une entreprise : gagner de l’argent (durablement). C’est le SEUL et unique but.
    Et aussi trivial soit-elle, cette évidence ne ressort que dans peu de commentaires lus ici…