La fin de la révolution
Le mardi, janvier 17 2012, 14:13 :: albedo, bitcoin, drm, pirate, world,
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Beaucoup pensent que nous sommes à la veille d'une révolution, que des bouleversements vont secouer notre société. Je ne le pense pas.

À mes yeux, la révolution est terminée, nous sommes à la fin de la période de transition. Il faut juste un peu de temps pour nous en rendre compte mais le changement est déjà présent, irrémédiable.
Cette révolution est bien connue des historiens et porte le nom de « révolution industrielle ». Commencée aux alentours du XIXème siècle, elle prend un virage décisif avec la production en série de la Ford T en 1908. Et s'achève aujourd'hui, avec Internet et le réseau mondial.
Pendant des millénaires, les hommes ont effectué un travail. Ce travail était, à quelques exceptions près, proportionnel au résultat. Plus un paysan labourait une grande superficie de champs, plus grande était sa récolte. Plus un artisan travaillait, plus grande était sa production. Comme l'argent[1] gagné était généralement proportionnel au résultat, on pouvait sans trop se tromper affirmer: plus on travaille d'heures, plus on gagne de l'argent. Une heure de travail est équivalente à une somme d'argent.
La révolution industrielle bouleverse complètement la donne. Le prix d'un bien quelconque devient inversement proportionnel au nombre de biens produits. Si Henri Ford avait produit une seule Ford T, elle vaudrait des millions. Mais plus il en produisait, plus il rentabilisait son infrastructure sans effectuer de travail supplémentaire. C'est vrai à tel point que réparer un produit abimé coûte de nos jours plus cher qu'acheter le même produit neuf.
Le monde industriel se caractérise donc par la volonté de reproduire autant que possible un bien de consommation afin d'en faire baisser le coût unitaire. Ce monde n'est donc plus dirigé par la production directe mais bien par la spéculation. À chaque fois qu'un entrepreneur lance une idée, il doit faire de savants calculs pour estimer en combien de temps il rentrera dans ses frais. Plus on produit, plus on est riche, plus on a le loisir de spéculer et plus on peut devenir encore plus riche. L'argent appelle l'argent, la société est entièrement tournée vers la spéculation.
Ce qui est amusant c'est que les premiers bénéficiaires de cette révolution industrielle se voient eux-mêmes comme des exceptions et essaient, de toutes leur force de maintenir la majorité de la population dans la croyance que l'ancien système est d'application. Le travail est toujours payé « à l'heure » alors même que ce principe n'a plus aucune réalité tangible et induit des conflits d'intérêts latents.
Il est également remarquable que, depuis le début de la révolution industrielle dont le principe est de reproduire, des outils sont mis en place afin d'empêcher cette même reproduction par des concurrents: brevets, principe de la propriété intellectuelle et plus tard DRM. Dans la bouche des industriels, reproduction devient production, croissance ou contre-façon, piratage, selon le contexte.
Internet, la numérisation des produits, la globalisation et les imprimantes 3D ne sont que l'aboutissement logique de cette révolution de la reproduction. Les outils de reproduction sont accessibles à tous, chacun peut devenir son propre industriel. La révolution s'achève car elle touche enfin tous les citoyens. Messieurs les industriels, vous avez bénéficié grandement de cette transition en étant les premiers. Ayez l'élégance de ne pas vous accrocher, de ne pas refuser aux autres ce dont vous avez profité pendant 150 ans.

Voilà, nous entrons doucement dans la période post-industrielle. Ce que nous réserve cette période, je n'en sais rien. Pas plus que je ne saurai jamais si elle sera une courte période de transition de 200 ans ou si elle va jeter les fondements d'une société mondiale millénaire.
Tout ce que je sais ce que le monde industriel s'achève, qu'il nous faut redéfinir des notions aussi fondamentales que l'argent, le travail, la richesse, la propriété, le pouvoir, que ceux qui les considéraient comme acquis voient cela d'un mauvais œil. Mais leur avis est-il tellement important ?
Images de ialla et danmachold
English translation available
[1] Prendre argent au sens large: les serfs gagnaient de quoi subsister mais cela était proportionnel à leur travail
Commentaires
Ah ben voilà ! Tu ne manqueras plus de chaussettes comme ça !
Tu commences en disant que tu ne penses pas que nous sommes à l'aube d'une révolution, mais tu termines en disant : "Tout ce que je sais ce que le monde industriel s'achève, qu'il nous faut redéfinir des notions aussi fondamentales que l'argent, le travail, la richesse, la propriété, le pouvoir, [...]"
Si redéfinir les notions d'argent, de pouvoir, de propriété etc. ne te semble pas une révolution, qu'est que c'est ?
Avant la révolution industrielle, la richesse était la quantité de travail. Pendant c'est devenu (je cite) :
«
Le monde industriel se caractérise donc par la volonté de reproduire autant que possible un bien de consommation afin d'en faire baisser le coût unitaire
»
et après :
«
Voilà, nous entrons doucement dans la période post-industrielle. Ce que nous réserve cette période, je n'en sais rien.
»
Si tu veux un scoop pour ce que sera la période post-industrielle, qui est déjà irrémédiablement étamée, c'est que la richesse devient la matière première.
Nous sommes à présent au bord du gouffre concernant plusieurs les ressources en plusieurs matières premières.
La révolution qui est en cours est la démondialisation[1] de l'économie (faute de pétrole pour bouger les biens et les personnes), et la décroissance globale de tout ce qu'on appelle aujourd'hui de la «valeurs économique» (faute de matières premières pour les construire).
Pour prendre un exemple très simple, il y a la règle du 20/20.
Avec les ressources actuellement exploitables en terres rares, on peut soit
1. continuer à produire des écrans tactiles à la vitesse actuelle pendant 20 ans
soit
2. construire des éoliennes pour produire 20% de l'électricité mondiale.
C'est un OU exclusif. Si on choisit la seconde possibilité (ce qui signifie entre autres qu'on met Apple et Nokia en faillite demain), alors on produit 20% de l'électricité mondiale à l'éolien ... mais après, la réparation et l'entretient du parc, ça demandera de nouvelles ressources qu'on ne connaît pas encore. Càd que l'éolien, à l'échelle de 20% de la production mondiale n'est pas une énergie renouvelable, faute de matière première pour les construire.
Si Apple n'est pas en faillite demain, pire, si ils continuent à croitre, alors c'est pas 20% d'éolien qui devient une quantité non-renouvelable, mais peut-être 10% ... en tout cas si Apple ne se retourne pas complètement d'ici 20 ans, c'est 0% de l'électricité mondiale qu'on produira avec des éoliennes.
Les terres rares et le pétrole sont évidemment deux exemples frappants des manques de matières premières qui vont profondément transformer le monde post-industriel; ce ne sont pas les seules.
[1] Je dis bien "démondialisation", et non "anti-mondialisation" ou "altermondialisation".
La révolution dont tu parle est une révolution économique. Mais il y a aussi vrai révolution socio-politico-culturelle . D'ailleurs, elle à commencé en 1978 (conséquence de la révolution industriel ?), à l'ouverture de l'économie chinois, et par conséquent des pays du Tiers-monde, qui devient de plus en plus puissants.. L'occident ne domine plus, on redeviendra tous au même niveau, un peu comme dans la révolution industrielle : au début quelques uns profites, après c'est tout le monde. On a tous (tout les pays) achever leur transition démographique. Bienvenue dans une nouvelle ère !
Comme d'hab, un article intéressant mais comme un soufflet mal cuit, qui retombe dès qu'on approche du vrai sujet : le tour de main.
Encore une fois dommage, y a de l'idée M. Ploum (je ne sais pas si elle est de vous) mais y a que 3 lignes qui se courrent après et du coup AUCUNE VRAIE ANALYSE.
Probablement aucune formation technique (hors informatique je veux dire) derrière et c'est ce qui vous limite. J'ai pas dit que j'y arriverai, je ne vous crache pas dessus mais y a tellement plus à écrire là-dessus (Cf vos commentateurs...)
Smart Skunk > C'est une critique intéressante. Il faudrait aussi voir dans quelle mesure le format "blog" est limitant. À titre d'exemple, la première version de cet article faisait 4 ou 5 fois la longueur+des notes. Je suis obligé de simplifier, de supprimer à dessein certaines idées moins essentielles. De toutes façons, personne ne lit tout les textes ;-)
Après, il faudrait voir si, lorsque je prends le temps de développer si le niveau augmenterait. Avez-vous des exemples de blogs qui relèvent le défi d'idées complexes dans des textes courts ? Ça m'intéresse beaucoup !
@Ploum
Quelque exemples de blogs qui développent des idées complexes en textes courts :
- le standblog (je ne te le présente pas)
- http://petrole.blog.lemonde.fr/ (c'est de là que je tire la moitié de mon analyse)
- http://ecologie.blog.lemonde.fr (l'autre moitié)
- http://www.maitre-eolas.fr/
Donc je dirais que oui, il y a moyen de traiter des sujets complexes sur un blog. La condition est d'écrire 1000 billets sur le même sujet. De cette manière, on fait croire au lecteur qu'il ne lit que des petits billets, mais ce qu'il lit en réalité est un pavé de 3000 pages, divisé en tout petits chapitres.
D'une certaine manière, ton blog, Ploum, est un blog qui dans la catégorie du «pourquoi décentraliser c'est bien, en informatique», est un pavé de 3000 pages qui fait assez bien le tour du sujet (de MSN il y a 30 ans aux bitecoins plus récemment).
Pour aller dans le sens de Smart Skunk, je dirais que cette idée de présenter l'internet comme l'aboutissement d'un processus qui a débuté avec la révolution industrielle, c'est un peu le syndrôme de quand on a qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous.
Je crois que c'est un syndrome assez classique sur ce blog (cf les bitecoins qui en sont l'exemple le plus standard).
Note c'est pas spécialement un mal. Essayer d'interpréter tous les événements avec une clef de lecture unique (sur ce blog : la place de l'informatique dans la société) peut produire des idées intéressantes.
Bien entendu de cette manière on prend le risque de se planter de temps en temps. Mais dans ton cas, lorsque tu ponds (comme ici) des idées moins intéressantes, je parlerais plutôt de «courage d'avoir tenter l'exercice» que de bêtises.
@Gauth : Non, non, non ! ;-)
Il faut différencier l'objet (ceci incluant des concepts comme l'argent, le pouvoir, la propriété, etc.) de la perception que l'on en a, la manière dont on les pense.
Les objets ont leur évolution propre, au gré de la conjoncture. Les notions, par contre, sont figées quand on le les fait pas évoluer.
C'est de cela dont parle Ploum. Les notions sont en décalage des objets auxquelles elles se rapportent, il faut les retravailler.
@Smart Skunk : Ce point de vue dépend beaucoup du rapport au blog. Pour moi, le billet n'a pas vocation à être un exposé exhaustif sur un sujet donné, mais plutôt la base d'une discussion dans les commentaire. Maïa Mazaurette disait que qui ne lisait pas les commentaires de son blog en perdait plus de la moitié de l'intérêt.
Si l'article devait être un genre de thèse, et les commentaires se borner à une suite laudative de mots à la gloire de l'auteur, ce serait déséquilibré et inadapté au format.
Je suis absolument sidéré par la qualité des commentaires que génère ce billet. Pour tout dire, l'idée de base de ce billet est récente et peu travaillée, je voulais l'exposer pour voir les réactions. Je suis vraiment très content.
J'apprécie également les critiques parce que je les trouve spécialement constructives.
Laurent, ton idée de décomposer un pavé de 1000 pages en plein de billets ne m'était jamais venue. Tu m'ouvres les yeux.
Bref, continuez, n'hésitez pas à me donner des exemples d'inspiration que je tente de m'améliorer.
Sinon, pour répondre à Qwerty: la Chine et les pays du tiers-monde n'ont qu'une révolution industrielle plus tardive et plus concentrée. Le soufflé va retomber très très vite dès que le niveau de vie augmentera.
Globalement intéressant. Je pense la même chose que toi. Le monde est à un changement historique.
Que ce soit le début ou la fin d'une révolution n'est qu'une question rhétorique.
Maintenant, à nous de faire avancer les choses pour que ça bouge ! Et le parti pirate est le seul parti conscient de cela (bon à voir si en Belgique, il a les épaules pour ça).
Nemonyc> «Et le parti pirate est le seul parti conscient de cela »
Cela dépend très fort des oeullières qu'on a. Le parti pirate est typiquement un parti du type "quand je n'ai qu'un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous". Cela leur fait dire parfois un peu n'importe quoi. L'exemple le plus typique est :
Problème : l'abstention aux élections
Solution : vote par internet.
(j'espère n'avoir à expliquer à personne sur ce blog pourquoi le vote par internet est un déni de démocratie; juste un indice : d'après Amnesty International, en Belgique une femme sur 4 subit des violences de son mari)
Le parti pirate passe complètement à côté d'une donnée fondamentale en démocratie : on n'apporte pas de solutions techniques à des problèmes humains.
Bref, je ne crois pas au fait que l'internet soit le fondement de ce qu'on appellerait l'ère «post-industrielle». (je dis ça alors que je publie les code source LaTeX de mes cours de math sur gitorious; ce n'est donc absolument pas de la technophobie ou de l'incompréhension de l'intérêt des réseaux pour la diffusion de l'information)
En ce qui concerne la déplétion pétrolière, et plus généralement le manque des différentes matières premières, c'est la vélorution, le seul parti qui a un programme réaliste.
Il y a des points objectifs qui plaident en faveur de la vélorution comme seul parti ayant de l'avenir. Le raisonnement est en plusieurs points :
1. Depuis 6 ans, la production de pétrole conventionnel (celui entre 20 et 40 dollars le baril[1]) diminue de 5% par an. Et c'est pas faute de chercher : toutes les ressources sont déjà connues depuis 40 ans.
2. Depuis 6 ans, la déplétion de 5% est compensée par l'ouverture de pétrole «non conventionnel» : schismes bitumineux au Canada ou pétrole à 3000m sous la roche sous 4000m d'eau. Ce pétrole coûte entre 100 et 200$ le baril.
3. Les projets actuellement en développement permettraient tout juste de compenser à l'horizon 2020 la déplétion de 5% des champs conventionnels. Si le monde connaît la moindre croissance de la demande les 10 prochaines années, alors en 2020 on aura une pénurie.
4. Le pétrole non conventionnel émet nettement plus de CO2.
5. Le CO2 c'est le mal.
Donc à l'horizon 2020, soit on va vers la pénurie de pétrole, soit on va vers une explosion des émissions ... soit les deux en même temps.
Inutile de dire que la date butoir étant de l'ordre de 2020, il est illusoire de compter sur de nouvelles technologies pour s'en sortir.
Ça c'est en très raccourcis l'histoire du pétrole. On peut répéter à peu près la même chose pour beaucoup d'autres ressources.
Pour les terres rares, dans un autre commentaire j'avais expliqué en rapide que soit Apple fait faillite dans 20 ans et on ne produira pas d'énergie éolienne, soit Apple fait faillite plus tôt et alors on en produira un peu. Dans tous les cas de figues, nous sommes aujourd'hui à la *fin* des terminaux tactiles portables, et non au *début*.
L'alternative parti piratiste est de dire qu'on va compter sur une révolution technologique qui permettra à tous d'avoir des écrans tactiles sans vider les ressources en terres rares ?
[1] Pour donner une idée des prix actuels, au creux de la crise grècque il est tombé à 85, et durant la guerre en Libye, il est monté à 110. Le fait que le baril soit actuellement durablement historiquement haut (c'est en 2005 qu'il a franchit les 50 pour la première fois) n'est donc pas la faute aux méchants spéculateurs ou aux tensions politiques.
"Dans tous les cas de figues, nous sommes aujourd'hui à la *fin* des terminaux tactiles portables, et non au *début*."
j'entends bien ton raisonnement. mais de la façon dont le monde se conduit actuellement, et si c'est vrai, j'entrevois encore 20 ans de terminaux tactiles portables et puis ensuite plus rien, plus de ressources pour quoi que ce soit.
au fait, c'est la première fois que j'entends parler de la concurrence entre les terminaux tactiles portables et les éoliennes... voudrais-tu dire, comme je le comprenais à la première lecture, qu'il y a concurrence au niveau des matières premières en elles-mêmes (on aurait besoin de ces terres rares pour la construction des éoliennes), ou bien qu'il y a concurrence (au niveau de la dépense énergétique, en pétrole par exemple) entre les ressources mises en oeuvres pour extraire ces terres rares d'une part, et les ressources à mettre en oeuvre pour déployer ce fameux parc d'éoliennes ?
@François
Il s'agit de concurrence sur les ressources nécessaires pour les construire.
Je tiens toutefois à préciser que ma règle du 20/20 tient compte des ressource *actuellement* connues et exploitables.
Bien entendu, avec la montée des prix, on trouvera certainement de nouvelles ressources. Seulement, on sortirait du domaine du "renouvelable" pour rentrer dans le domaine du "je saque un max dans les ressource et je risque à tout moment de rentrer en pénurie".
Mes sources sont essentiellement
http://ecologie.blog.lemonde.fr
http://petrole.blog.lemonde.fr
(j'avoue ne plus pouvoir donner de liens plus précis; mais c'est le genre de choses qu'on apprend en fréquentent ce genre de blogs).
Juste un que je retrouve via une recherche simple sur dukdukgo :
http://voisinedeoliennesindustriell...
Allez, si j'en crois cet article je me suis trompé, c'est pas 20 ans qu'il nous reste, mais 10 :
http://www.sosiphone.com/blogiphone...
Quoi qu'il en soit, nous sommes pour l'instant en train de passer d'une économie d'abondance (et de croissance) à une économie de pénurie.
Les écolos aiment appeler ça une «opportunité» de faire de la croissance verte qui va créer plein d'emploi». La réalité est que c'est de la décroissance; et vu la façon dont les gens ont l'air de prendre ça au sérieux, on s'estimera heureux si ça ne se termine pas en bain de sang.
Bonjour Laurent,
je suis entièrement d'accord avec ton analyse. lorsque je dis "et puis ensuite plus rien, plus de ressources pour quoi que ce soit", je suis convaincu que cela ne peut déboucher que sur un bain de sang, malheureusement. (bain de sang à propos duquel je suis certain que personne n'a rien à gagner... sauf peut-être l'oligarchie ploutocratique qui dirige le monde et aurait intérêt à diminuer significativement la population à régir.)
le principal problème est le système de valeurs qui oriente le monde actuellement. par exemple, une entreprise qui rentre en bourse signe son arrêt de mort (avec le sourire, bien sûr) parce qu'on cherche à augmenter perpétuellement la marge bénéficiaire. si l'action ne monte pas, ça n'a pas d'intérêt pour les actionnaires et la boîte s'effondre. du coup, ça pousse à une gestion sur des bénéfices anticipés, c-à-d une gestion pleine de risques. la bonne façon de faire serait de viser en premier lieu la pérennité de l’entreprise, le bon sens guidant les décisions qui doivent du coup rester prudentes. avec cette façon de voire, on vise la stabilité au lieu de viser la croissance. mais cela nécessite une intelligence dont notre civilisation en fin de vie ne se montre pas capable pour l'instant. le simple fait d'évoquer l'utilité des mesures de protectionnisme (à propos des importations de biens), et on est déjà suspecté d'être un traître au régime...