Le monde selon Google

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Que feriez-vous si vous aviez à votre disposition des ressources et une richesse pratiquement illimitée ? La possibilité d’embaucher les plus grands génies de votre temps, de disposer de toute la technologie imaginable ?

Pour une majorité des grandes entreprises de la fin de la période industrielle, la réponse fut « faire encore plus d’argent, accumuler encore plus de richesses ». Quand on y pense, c’était un peu balot. Pas étonnant que les puissants de cette époque aient été sur le point de foutre le monde en l’air.

Google fut l’exception qui se dégagea. Chez Google, on se contentait de dépenser l’argent pour faire les trucs les plus chouettes possibles, ceux que les patrons avaient envie d’avoir. Forcément, une petite fraction des projets finissaient toujours par rapporter de l’argent. Mais ce n’était pas le but premier.

Logo Google

À son commencement, alors que toutes les entreprises essayaient de créer un site web et d’y garder le plus de visiteurs, Google lança le sien où les utilisateurs devaient passer le moins de temps possible et trouver, ailleurs, ce qu’ils cherchaient. Cela ne pouvait pas être rentable.

Lorsque l’email atteignit son apogée et que les logiciels rivalisèrent en fonctions et en ingéniosité, Google décida de faire une interface simplifiée et uniquement accessible dans un navigateur. Mais avec, gratuitement, un espace virtuellement illimité. Cela ne pouvait pas être rentable.

Vous avez sans doute visité le musée de la technologie. Vous y avez vu le premier véritable smartphone, l’Apple Iphone de 2007. À cette époque, les documents attestent d’une rumeur misant sur une réaction de Google et le lancement d’un Google phone.

Surprise et déception : Google se contenta de publier, gratuitement et sous licence open source, un système d’exploitation pour smartphones : Android. Pourtant ce sont les ventes de téléphones qui faisaient de l’argent. L’idée de Google ne pouvait pas être rentable.

Pourtant, Android devint en moins de dix ans le standard de facto de l’informatique individuelle, sur tous les types d’équipement depuis la télévision géante à l’oreillette. Des fabricants de téléphone qui se pavanaient, il ne reste à présent que quelques constructeurs se faisant concurrence avec des marges de plus en plus serrées.

Google récidiva avec Google Wallet. Plutôt que de rentrer en guerre avec les grands noms comme VISA ou Master Card, il se contenta de proposer un moyen de paiement en ligne qui utilisait justement les cartes de crédit existantes. VISA et les autres y virent une coopération plutôt que de la concurrence.

Mais les échanges de Google Wallet à Google Wallet devinrent bientôt tellement simples que les cartes de crédit périclitèrent. Il suffisait en effet de mettre deux téléphones en contact pour initier une transaction, pour se prêter quelques euros ou pour régler l’addition dans un bar.

Lorsque certaines entreprises offrirent de payer directement les employés sur les comptes Google Wallet, les gouvernements tentèrent d’intervenir. Google se plia à toutes leurs exigences mais commença au même moment à accepter les paiements en bitcoin. Petit à petit, l’économie se passa des états, s’affranchit des frontières, rendant obsolètes des concepts tels que le PIB ou la banque centrale.

Des sites et des services web virent le jour. Il y eu Flattr pour les micros dons, KissKissBankBank pour le microfinancement et d’autres pour les micros crédits. On a appelé cela le P2P banking. Vous vouliez construire une maison ou lancer une entreprise ? Vous empruntiez à des amis et des amis d’amis, chacun fixant son propre taux en fonction de son affinité avec votre projet ou de manière générique. Tout étant géré de manière automatique, la plupart ne savaient même pas à qui ils prêtaient. Tout au plus avaient-ils fixé le montant d’intérêt et la liquidité qu’ils exigeaient de ce qu’ils avaient entreposé sur tel ou tel service.

Comme l’industrie musicale avant lui, le secteur bancaire ne s’est pas laissé faire face à cette concurrence déloyale. À force de lobbying, de corruption, de lois iniques et de procès scandaleux, ils réussirent à prolonger leur agonie pendant près de vingt ans avant de disparaître dans l’opprobre la plus totale. À peine moins rapidement que les états.

En effet, voyant la plupart des transactions financières leur échapper, les gouvernements ne surent plus quoi taxer et firent dans un premier temps front commun avec les banques. Ils durent néanmoins réduirent leur train de vie. Les administrations fondirent comme neige au soleil au gré des crises, se simplifiant de plus en plus, coupant dans le superflu.

Mais les états finirent par s’adapter, se transformant en fédérations de régions et de villes, elles mêmes fédérations de bourgs et de quartiers. La fameuse taxe de propriété fut instaurée. Que vous soyez propriétaire d’une maison, d’une œuvre d’art, d’un cheval, d’une voiture de sport, d’un bijou ou d’une société, vous êtes taxé à l’échelle de sa valeur déclarée aux assurances.

Vous pouvez bien entendu sous-estimer votre bien voire ne pas prendre d’assurance du tout. Mais en cas de sinistre, aucune aide à espérer. Les resquilleurs sont donc rares. De toutes façons, si vous êtes propriétaire d’un bien qui vaut la peine d’être assuré, c’est que vous avez déjà un certain confort. Et la taxe sera intrinsèquement juste vu que proportionnelle à votre richesse.

Aujourd’hui, je vois directement dans mes lunettes la route à suivre pour aller chez un ami, mon agenda, mes nouveaux messages, mon flux de nouvelles, mes livres et quelques jeux auxquels je joue en courant dans le parc. Je dois sauter pour attraper des bonus que je suis le seul à voir, faire des pointes de vitesse quand un monstre me poursuit : c’est excellent pour ma condition physique.

Google Glass

Lorsque j’ai un rendez-vous, mon agenda calcule automatiquement la meilleure manière de s’y rendre en fonction de mon temps libre et de la météo. Si la voiture se révèle la meilleure option, je sais qu’elle m’attendra devant ma porte à l’heure optimale. La voiture conduira seule selon l’itinéraire idéal et retournera à la station de recharge la plus proche après m’avoir débarqué. Inutile de dire que les bus ont complètement disparu. Les trains ne sont utilisés que pour les moyennes ou longues distances Et posséder sa voiture personnelle relève d’un snobisme démodé.

Mais de toutes façons, je ne m’occupe de rien, ce sont des détails d’implémentation qui ne m’intéressent pas. Je dis juste où je veux être et à quelle heure, je choisis mon hôtel parmi plusieurs propositions si c’est nécessaire et je suis les instructions de mes lunettes. Je sors de la voiture, j’embarque dans un train grande vitesse ou un avion, je ressors, prends un métro et marche un quart d’heure. Je fais confiance à Google pour trouver le plus rapide et le moins cher entre toutes les alternatives. D’ailleurs, le système a bien compris que j’aimais la marche à pieds et favorise ce mode de déplacement si le temps le permet. Et si une ondée soudaine apparait, je sais qu’une voiture passera automatiquement me prendre.

Parfois, quand je monte dans la voiture, j’y trouve l’une ou l’autre personne. Le système optimise en effet les déplacements de tous les utilisateurs et je n’ai pas pris l’abonnement « exclusif » de Cambio car il est fort cher. Mais c’est sympa, cela me permet de discuter, de rencontrer des gens de la région. J’ai déjà ajouté de cette manière plusieurs personnes à mon cerle « Gens du quartier ».

Cela me plait de consulter le flux et d’y trouver, de temps en temps, des nouvelles de personnes avec qui j’ai partagé quelques trajets. Grâce à ce cercle, j’ai organisé l’année passée une fête de quartier. Je me suis contenté de créer l’évènement sans date particulière et avec une brève description, invitant toutes les personnes à proximité. Les suggestions ont fusé, certains se sont dévoués pour le matériel, d’autres pour la nourriture. La date s’est fixée automatiquement de manière à satisfaire le plus grand nombre. Même la participation aux frais a été automatiquement calculée équitablement et s’est versée automatiquement, après un clic d’acceptation, aux personnes qui avaient avancé l’argent.

Le montant m’a d’ailleurs paru dérisoire. Mais il faut avouer que les fins de mois difficiles sont un mauvais souvenir, la taxe sur la propriété dissuadant des achats inconsidérés. Faisant partie d’un site d’échange de matériel, je sais qu’en prêtant ma tondeuse de temps en temps, j’ai accès à tous les autres accessoires nécessaires quand j’en ai besoin dans ma maison. Du coup, je préfère investir dans des places de concerts, le visionnage d’un film en famille ou la lecture d’un livre. Bref, des achats qui m’offrent des souvenirs et ne prennent pas une place inutile.

De temps en temps, je me fais plaisir et achète une œuvre d’art pour la murale du salon. J’aime la changer régulièrement même si cela coûte cher. Et si ma femme n’apprécie pas, je reviens en un clic à l’ancienne, profitant de ma nouvelle acquisition en son absence. Il faut avouer que, dans notre salon, tout un mur est peint à l’encre électronique. Une folie ! Je dois d’ailleurs le déclarer à l’assurance sans tarder.

Étant féru d’histoire, je ne peux qu’admirer l’influence de Google sur notre monde. En moins d’un siècle, nous avons connu la réduction des états et une diminution conséquente des conflits, la disparition de la finance sauvage et avec elle d’une grande partie de la pauvreté, une limitation drastique de la pollution et de la consommation à outrance.

Bref, à lui seul Google nous a sortis de la période industrielle, de ce monde qui ne vivait que pour l’absurde croissance et le rendement. Nous sommes dans une nouvelle ère, l’ère Google.

Quand j’y réfléchis, je vois une ombre au tableau. Une petite chose qui me chiffonne et dont, jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé d’équivalent historique. Un petit nuage qui est présent dans le subconscient de chacun mais qu’on préfère ne pas voir.

Toute ma vie est sur Google. Mon argent, mon histoire, mes photos, mes souvenirs, mes livres, mon identité, mes relations. Même un simple déplacement ou un accès à mon dossier administratif nécessite mon compte Google.

Et depuis ce soir, quand j’essaie de me connecter, je vois un message « Votre compte a été désactivé ».

Ce n’est sans doute qu’une simple erreur temporaire mais, honnêtement, je ne sais pas trop quoi en penser. J’attends que cela soit résolu pour appeler mes amis et en discuter.

Images par Robert Scoble et Antonio Zugaldia
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53 thoughts on Le monde selon Google

  1. e_Jim says:

    Le futur, entre rêve et cauchemar. J’adore.

    Merci Ploum pour cette absence de manichéisme.

  2. pipomolo says:

    Sandra Bullock, sors de ce corps!

  3. liberforce says:

    Et moi qui suis en train de lire Farenheit 451… Tu es sûr de ne pas vouloir d’autres murs à l’encre électronique ?

  4. nibou says:

    Superbe texte ! Bravo !

  5. Gamoth says:

    La transition entre le réel et la fiction est très bien faite !
    On a l’impression que c’est très bien au début et puis …

    Dans mon esprit de libriste convaincu, je me disais mais ce n’est pas possible, il ne va pas finir son article en disant que Google est génial.

    “L’enfer est pavé de bonnes intentions.”

    Merci beaucoup pour cette nouvelle.

  6. D-Djef says:

    Très bon texte, qui donne à réfléchir.
    Effectivement, entre rêve et cauchemar, entre fiction et réalité.

  7. BoiDLi says:

    Très belle interpolation!
    Une adaptation contemporaine de SOS bonheur de Griffo et VanHamme?

  8. Tux-planet says:

    Toujours aussi sympa à lire.

  9. Nono says:

    Brillant ! Comme à ton habitude.

  10. Godu says:

    Étant un anti-Google en puissance, j’ai eu du mal à me mettre à lire ton article.

    Mais je fus agréablement surpris de voir qu’il résume parfaitement ma façon d’esprit. Oui Google nous apporte beaucoup, mais nous enlève une chose importante, notre indépendance.

  11. Dlareg says:

    Est-ce qu’il est mort le monsieur ? :-)

  12. Radek411 says:

    @BoiDLi : En lisant le texte, j’ai pensé à la même source d’inspiration que toi… Du coup, pour ceux qui ne connaissent pas cette bd, qu’ils se jettent dessus, elle est exceptionnelle.

  13. KaitoKito says:

    Texte très intéressant, bravo Ploum :)

    Comme le souligne Godu, Google nous enlève petit à petit notre indépendance au prix d’une grande simplicité de vie. Mais quid de notre liberté ? En effet si pour le moment je suis dépendant de Google (gmail, agenda, reader, drive ou picasa par exemple), rien ne m’empêche de récupérer toutes mes données pour ne plus avoir à passer par eux. Donc malgré ma dépendance à Google je suis toujours libre d’aller voir ailleurs. Je préfère être dépendant du grand G et faire régulièrement des sauvegardes (et chiffrer mes données réelement importantes) que de tout stocker chez un prestataire qui m’empêcherait de le quitter si j’en ai envie.

    Après quand je relis ce texte ça me fait un peu penser à Star Trek. Je vois mal les habitants du 24ème siècle se débrouiller sans l’ordinateur de bord de leur vaisseaux spatiaux, ne serai-ce que pour ouvrir une porte ou boire un verre d’eau (pour ce qui est de la navigation, on en est déjà dépendants. Vous imaginez un Airbus A380 sans ordinateur de bord ?).
    Si ce Google du futur n’est pas 100% sous le controle de privés mais en partie sous contrôle d’état (par possession d’actifs ou par des lois réglementant et limitant ses actions par exemple), cela revient à nous rendre dépendant de l’état, donc du peuple (en supposant que l’état soit bien dirigé par le peuple, pas de trolls politiques ici), donc de nous même.

    Pour reprendre l’histoire de Ploum, à nous de nous débrouiller pour que des lois et reglementations empêche Google de désactiver un compte selon ses humeurs.

    KaitoKito.

  14. slobberbone says:

    Bel article !

    Personnelement, je me tourne vers du OwnCloud, ainsi je me dé-googlise …

  15. polux says:

    Le capitalisme depuis son invention dans la Venise du XVI siècle jusqu’à aujourd’hui à toujours eu besoin des outils de la finance pour fonctionner. La finance ne s’oppose jamais au fonctionnement du capitalisme bien au contraire. Déjà en 1929 les médias dénonçait les abus du secteur financier, alors qu’à l’époque la finance ne représentait que quelques “pour cent” des l’ensemble des investissements mondiaux. Jeter un os à ronger au bon peuple : la finance qui serait censé être le responsable des crises économique inhérente au rapport social capitaliste. Faire croire que les responsables seraient ailleurs, extérieur à un système, faire porter la responsabilité sur quelques lampistes dont la propagande aura construit l’existence, pour mieux protéger les véritables responsable.

    D’autre part, ce que tu nous décris semble oublier que pour faire tourner cette économie décentralisé il y a toujours besoin d’usines, de plate-forme pétrolière, de supertanker et de marées noires, de béton et de pollution. Mais aussi de groupes armées, de guerres pour le contrôle des ressources. De guerres encore pour relancer le cycle de croissance économique.
    Cette vision utopiste d’un capitalisme soft décentralisé et quasiment en autogestion et donc bel et bien une utopie.

    Quand aux lunettes google de réalité augmentée ou bien diminuée, j’imagine qu’elles serviront à remplacer l’armée de réserve de travailleurs faisant la manche dans la rue par des pots de fleurs, des pubs ou des bonus stage, pour les quelques uns qui profiteront de la crise en cours.

    Imaginez le spectacle d’un monde en ruine, remplis d’usines croulantes et dégueulasse, de misère et d’ex campagnes dévastées par l’agro-industrie (un peu comme tel qu’il est aujourd’hui, juste un peu pire), rempli d’abrutis sourire au vent et lunette google au nez, naviguant dans un décor mario bros, ou toutes les horreurs sont camouflés par l’irréalité virtuelle.

    Police matraquant les “inadaptés sociaux”, c’est à dire ceux exclus, remplacée par le policier de oui-oui, autoroutes bordé de zone industrielles infectes ou tout le monde ne voit que le paysage qu’il préfère, qu’il soit fait de plages et cocotier ou de femmes aux poses alanguies. Le tout parsemé de pub vous poussant à consommer ce qui n’est rien d’autre que la propagande pour le système marchand dans son ensemble.

  16. Folke says:

    @KaitoKito: l’état moderne ce n’est pas “le peuple”. L’état n’a qu’un seul but: défendre la propriété. L’histoire le démontre: celui-ci est apparu en même temps que la proriété privée et a pris une part importante dans la société lorsque la propriété privée a pris une part importante dans le fonctionnement de cette société. Tout en lui ne sert qu’à ça, défendre les intérêts des possédants. L’armée, la police, la justice, tout cela sert à défendre la propriété. Et si certains états ont pris une teinte « démocratique » c’est parce que la propriété privée a été menacée, alors il a bien fallu que les possédants fasse quelques concessions aux non-possédants.

  17. ancap says:

    @Ploum : j’ai beaucoup apprécié votre texte et je me demandais pourquoi vous supposez que Google® coopérera autant que les banques pour permettre l’instauration de taxes ? Ils ont certainement une longue histoire d’obéissance (peut-être résignée) aux États, mais ils essaient quand même de défendre leurs propres intérêts, et dans une moindre mesure, ceux de leurs clients, quand la loi locale le leur permet.

    Je pense que le succès d’entités privées d’une telle envergure est une belle preuve que l’État perd de plus en plus de son influence sur les individus « connectés » et qu’une alternative commence enfin à se profiler (surtout avec Bitcoin, comme vous le savez mieux que moi).

    @KaitoKito : l’État devrait nécessairement se mêler d’un contrat signé sciemment par un client de Google® pour éviter à cette personne toute déception ? Ce genre de protections est illégitime, si les gens sont prêts à signer un contrat qui prévoit une cessation du service sans préavis, c’est leur problème, et s’ils n’ont pas lu le contrat, ça l’est encore plus.

    @polux : pourquoi tant d’amertume ? J’ose penser que l’auteur ne voulait pas être pris à la lettre sur ses anticipations, pourquoi vous attaquez-vous aux fondements économiques de sa parabole (si je puis me permettre ce terme) ?

    @Folke : vous êtes beaux, vous, les gens qui croyez sincèrement que l’État défend la propriété privée, depuis quand fait-il autre chose que la violer via l’imposition de la population ?

    Depuis quand fait-il autre chose que de violer le droit d’une personne à disposer de sa propre existence en lui forçant à endurer douze ans de prison pour lui apprendre ce qui est estimé nécessaire par les autorités, et, avant cela, à l’obliger à se soumettre à la conscription ?

    La propriété privée est menacée par les États, et même si d’autres individus, qui n’y sont pas affiliés, pourraient la menacer, cette attitude n’est pas profitable et elle est illégitime sans État accepté par une majorité de la population, puisque seul l’État s’attaque aux droits naturels des hommes.

    Non, vraiment, vous devriez lire quelques livres avant de venir vous pavaner avec vos acquis durement appris sous le joug des gardiens de prison qui aiment s’appeler des « éducateurs », je vous conseille le site de l’institut Ludwig von Mises d’Auburn, Alabama : http://mises.org/

  18. Mère Zaclys says:

    En attendant que le compte soit réactivé, vous pouvez toujours passer faire un tour chez moi.

  19. Folke says:

    @ancap: Premièrement tu te trompes si tu penses que je défends l’Etat. Au contraire je condamne celui-ci, parce que c’est un défenseur de la propriété privée et que je condamne celle-ci encore plus.

    Quand je parle de propriété, je parle de propriété privée des moyens de productions. Pas du fait que chacun possède une maison, un ordinateur, une voiture ou tout autre objet « personnel », c’est-à-dire que je ne parle pas de la « propriété individuele ». Je parle du droit de propriété qu’ont les actionnaires des grandes entreprises et qui leur permet de décider du sort de milliers d’individus. Cette propriété privée qui est aujourd’hui aussi absurde que l’était la propriété féodale en son temps.

    Quand un Etat envoie une armée dans une quelconque contrée lointaine, c’est dans le but de mettre sous contrôle les populations locales pour que ses propres entreprises puisse « jouir de leur droit de propriété » dans la contrée lointaine. De même lorsque l’Etat intervient dans son propre pays, c’est pour assurer aux entreprises, en particulier aux plus grosses, la gestion de leurs affaires. Et lorsque cette gestion de leurs affaires est perturbée l’Etat intervient. Par exemple en faisant des concessions aux salariés qui ne peuvent plus supporter leurs conditions de travail se dégradant sans cesse.

    La propriété privée n’a rien avoir avec la liberté individuelle. Elle est tout le contraire car elle permet à une minorité d’imposer sa volonté à une majorité.

    Ah oui et désolé de te décevoir mais la propriété privée n’est pas un droit naturel. Avant celle-ci il existait d’autres formes de propriété et d’autres modes d’organisations de la société.

  20. fyl says:

    Pour la peine, je le partage sur google plus :p

  21. Nimax says:

    Bravo pour cet excellent article.

    J’avoue qu’au début quand j’ai vu le titre et la taille de l’article j’ai failli laisser tomber mais je suis très content de l’avoir lu entièrement.

  22. cydream says:

    Dire que l’iphone est le premier smartphone, ca decridibilise tout de suite l’article. Alors pour info, HP (entre autres BB, et Palm) faisait des smartphone avec bien plus de fonctionalités que le premier iphone (qui n’avait pas de GPS, ni de MMS, ni de tuner FM, etc…). Et ils etaient pas plus gros.
    Tout ce qu’a inventé Apple, c’est un marketing hors pair, et une nouvelle IHM. Pour moi, c’est pas ca qui définit le smartphone :)

  23. zombie says:

    Et google inventa adwords entre autres et devint la plus grosse régie pub du monde et la ça ne pouvait être que rentable ;-) .

  24. Au péril d’être rabae-joie, je crois que cet article tombe dans un piège classique de l’anticipation technologique.
    En effet il n’est pas négociable1 de diviser par trois les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (en valeur absolue planétaire, pas en moyenne par personne).
    La moitié des anticipations de ce textes allant dans le sens de plus d’émissions, elles vont donc se casser la gueule sur le mur du pétrole et du climat.

    Très bon texte donc, sauf l’hypothèse implicite comme quoi on a à disposition une infinité d’énergie et un climat stable jusqu’à la fin de temps.
    Ou alors ça demanderait quelque mots d’explication sur le comment le monde décrit dans cet article peut émettre le tiers des GES que ce qu’on émet aujourd’hui, tout en tenant compte du fait qu’a priori, le nombre de personnes qui veulent en profiter serait multiplié presque par 10 (pour rappel, y’a à peine un humain sur 10 aujourd’hui qui a un compte Facebook : tout ce blabla technologique des réseaux sociaux ne concerne pour l’instant qu’une petite minorité de l’humanité)

    1
    http://www.manicore.com/documentati

  25. polux says:

    @ ANCAP “@polux : pourquoi tant d’amertume ? J’ose penser que l’auteur ne voulait pas être pris à la lettre sur ses anticipations, pourquoi vous attaquez-vous aux fondements économiques de sa parabole (si je puis me permettre ce terme) ?”

    Parce qu’ils sont faux et qu’il est important de le dire. Marre d’entendre partout que quelques financier aurait dévoyé un système qui serait au départ “sympathique”. Un système qui a pour base l’exploitation humaine par la domination. Dont les conséquences sont visibles aujourd’hui : un monde dévasté et une population demeurée, assujettie et misérable qui fait face à des forces économiques et militaires à la puissance sans commune mesure depuis les débuts de la domination.

  26. Mathias PR says:

    Face à l’omniprésence des services ou «produits» hébergés aux USA, je propose de recenser ceux qui justement ne le sont pas. http://monwiki.accessibilisation.ne… (wiki ouvert aux contributions extérieures aux miennes).

  27. Betelgeusian says:

    Bravo pour le billet, ça fait un peu rêver! Comme Laurent Claessens, je suis assez sceptique sur la faisabilité / souhaitabilité d’un point de vue émissions de CO2 / consommation de resources. Mais je crois que tu vois juste sur la transition vers ce qu’on appelle la “sharing economy”.