ou « Passer outre la frontière de l'intelligence »

Le monde est fondamentalement simple mais nous sommes souvent trop pressés pour prendre le temps de le comprendre.
Depuis tout petit, j'ai horreur de ne pas comprendre quelque chose, de ne pas trouver la logique. Pourquoi ne voit-on pas les anges et le paradis lorsqu'on vole en avion ? Comment fait le père Noël pour déposer un cadeau malgré le poêle à bois ? Pourquoi est-ce qu'on ne sent pas le poids d'un avion quand il passe au-dessus de nous vu qu'on m'a expliqué que les ailes permettaient à l'avion de s'appuyer sur l'air ?
Oui, je me posais toutes ces questions. Et bien d'autres. Dès que quelque chose n'était pas logique, pas évident, je cherchais à comprendre le pourquoi. Ce qui me menait, bien entendu, à découvrir d'autres situations illogiques et d'autres questions.
C'est devenu une démarche logique, un questionnement continu qui berce le quotidien au point d'en devenir un réflexe. Un instinct que je croyais universel et qui avait la particularité de ne pas souffrir la défaite: si cela existe, cela peut être compris.
Ce n'est que très récemment que j'ai découvert, avec effroi, que cette façon de penser était très loin d'être répandue. L'acceptation aveugle semble être la norme. Face aux prémisses d'un raisonnement logique, beaucoup baissent les bras : « C'est trop compliqué pour moi ça ! ».
Or, si il est certain que nous ne sommes pas complètement égaux, nous avons tous des capacités, souvent atrophiées mais néanmoins présentes. Si nous ne sommes pas tous capables de terminer un marathon en deux heures, il ne fait nul doute que chacun d'entre nous pourrait courir dix kilomètres, pourvut qu'il suive un entraînement régulier.
Pareillement, je soutiens que nous sommes tous capables de comprendre le monde. Certains nécessiteront peut-être un peu plus de temps que d'autres. Et alors ?
L'entraînement est simplissime. Demandez-vous pourquoi. Tout le temps. Pourquoi les étoiles brillent-elles ce soir ? Pourquoi les gens votent-ils à droite ou à gauche ? Comment la mouche fait-elle pour tourner aussi vite ? Comment le moustique me voit-il dans le noir ? Pourquoi est-ce que je travaille pour faire augmenter un chiffre sur un compte en banque ? Et une fois que vous avez une réponse, questionnez-la tout autant : pourquoi cette réponse ? Et comment savoir si elle est valable ?
Il n'y a ni répit ni repos: le cerveau tourne. Et, comme un entraînement de course à pieds, à la longue, cela devient facile, agréable, addictif. Indispensable.
À chaque fois que l'instinct grégaire dira « Arrête toi pour souffler, c'est trop compliqué », il est temps de sortir la cravache. Mais, avec le temps, c'est le cerveau reptilien lui-même qui se ramollira. Le réflexe de questionnement s'installera.
Bien entendu, tout cela ne va pas sans conséquence. Parfois, il faut réexaminer à la loupe des croyances que l'on pensait définitivement acquises, des endoctriniments profonds et durables. « Comment le père Noël fait-il pour passer à travers le poêle ? » se transforme en « Pourquoi suis-je donc persuadé de l'existence du père Noël ? ».
Ce genre de raisonnement peut se révéler dangereux. Vous remarquerez que, quel que soit le point de départ, vous risquez de vous heurter à la « frontière de l'intelligence ». Cette frontière se manifeste chez la quasi totalité des êtres humains et prend la forme d'une des trois réponses suivantes:
— « Cela a toujours été comme ça ! » (argument de l'ancienneté)
— « Tout le monde fait comme ça ! » (argumentum ad populum)
— « Je suis intimement convaincu de ce fait ! » (argument de la foi)
Ces réponses, qui ne sont jamais que la version adulte du « Parce que c'est comme ça, mange ta soupe et tais-toi ! », sont la marque de la fin du raisonnement logique. Elles signifient que vous n'avez aucune réponse à votre question et que creuser plus loin présente le risque de remettre en question certaines choses. Vous remarquerez que ces justifications n'ont aucune valeur logique. « Non Sequitur ! » disait l'autre.
L'utilisation d'une de ces trois phrases fait toujours jaillir en moi un signal d'alarme. Une lumière rouge s'allume: nous quittons le domaine de l'intelligence.
Notre intelligence est donc bridée par deux obstacles majeurs: le défaitisme et la frontière de l'intelligence. Mais si on n'accepte ni l'un ni l'autre, plus rien ne s'oppose à la compréhension du monde. Tout est logique. Tout est rationnel. Les pièces du puzzle se mettent en place. Tout peut être compris et, au fond, tout est si simple !
Mais, après tout, pourquoi me croire ? Essayez !
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Commentaires
+1
+1
Texte bien tourné qui fait écho au message que je tente aussi de faire passer…
Démystifier les choses rend la vie plus intéressante… rend plus intelligent… nous empêche de devenir des moutons dociles…
Comment on construit les grues ? (avec une autre grue ?). La couleur orange a été nommé comme le fruit ou c'est l'inverse ? Et le rose ?
Pourquoi tu as écris ce billet ? ;)
Ah, suis-je donc pas seul qui aime savoir comment tourne le monde, comment ça marche, comment pourquoi quand il se passe ceci-cela ?
+1 également
Mes questions de ce genre sont dans le domaine scientifique (physique) et je réponds parfois à ce genre de question sur mon blog (sur le coup de l'avion, nottament^^).
En cherchant, y'a toujours une réponse... Il suffit de l'imaginer correctement, de penser quelque chose de différent (par exemple : pourquoi la vie a t-elle besoin d'oxygène et d'eau ? Je suis persuadé du contraire.)
Si seulement je pouvais redonner au monde l'envie de découvrir, d'être curieux, de se poser des questions au lieu d'accepter tout et n'importe quoi (souvent faux d'ailleur)...
Bon billet.
Pour rendre le monde compréhensible par tous, faut-il rendre les gens plus "intelligents" (entre guillemets) ou rendre le monde plus simple ?
Cela me fait penser à un article que j'ai lu ce matin :
Faut-il simplifier la programmation et revoir ses fondements ? - http://www.developpez.com/actu/3325...
Ou encore : faut-il simplifier la langue française ? - http://www.20minutes.fr/article/345...
Joli !
Un appel à l'intelligence salutaire qui me rappelle tout ce qu'Internet peut porter comme espoir de voir les individus se poser des questions et y trouver des réponses en accédant inconditionnellement à la connaissance et à la culture.
Merci de cet encouragement à bouger toutes les lignes et à questionner les limites de tout ordres (et en particulier celles qu'on s'impose à soi-même)
>"Comment la mouche fait-elle pour tourner aussi vite ?"
Tiens, ça me rappelle vaguement quelque chose... ;)
Sinon, quand j'étais plus petit, et que je suivais les cours de catéchisme, une question me taraudait sans cesse: pourquoi Dieu punit il les hommes qui tentent de créer une tour vers le Ciel? Le mythe de Babel me semblait fondamentalement incohérent. Tous les humains œuvrant ensemble à la construction d'un édifice qui atteindrait les cieux, ça avait l'air plutôt chouette. Désormais cela m'évoque le projet de développement des connaissances humaines à travers tous les domaines et toutes les langues. Noble quête jugée par Dieu comme orgueilleuse, et directement sanctionnée.
Avec du recul (et la fin du catéchisme), je suis de plus en plus convaincu que de nombreuses personnes construisent chaque jour cette tour de Babel, autant dans les sciences appliquées que dans les sciences humaines. Mais l'Édifice de la Vérité semble en proie aux limitations que certains (s')imposent (et les propos que tu relèvent sont malheureusement bien fréquents).
Alors je suis d'accord avec toi, il est nécessaire de s'affranchir des barrières, et de trouver comment ces satanées mouches font elles pour changer de direction!
@ lolo :
«
Un appel à l'intelligence salutaire qui me rappelle tout ce qu'Internet peut porter comme espoir de voir les individus se poser des questions et y trouver des réponses en accédant inconditionnellement à la connaissance et à la culture.
»
Hélas. Je crains que l'internet au contraire de permettre à tous de gagner de la connaissance, va au contraire agrandir le fossé entre les gens qui savent et ceux qui ne savent pas.
Pourquoi ?
Parce que je suis persuadé que les gens qui aujourd'hui ont le réflexe d'utiliser l'internet comme moyen de propagation de connaissance sont exactement les mêmes que ceux qui avaient un dictionnaire dans leur chambre il y a 15 ans.
Les gens qui ne se posent pas de questions et qui ne sont pas curieux resteront ignorant, avec ou sans internet.
Les autres, la minorité qui veut comprendre, trouveront[1] dans internet un moyen d'aller plus loin et plus vite.
Un exemple typique : l'orthographe. Ceux qui s'en soucient un tout petit peu installent un correcteur automatique et font d'énormes progrès grâce à l'informatique. Les autres s'enfonce dan c kon apèl la lang sms lol :d:d:d:d:)
[1] exemple : je ne suis pas certain de cet accord parce que j'ai mis deux sujets : "les autres" et "la minorité". Je suis certain que quelqu'un va m'expliquer ici en commentaire ce que j'aurais du écrire ;)
Ça, c'est de l'utilisation maligne de l'intelligence collective internaute, n'est-ce pas ?
@laurent:
Comme pour la surveillance, Internet est un outil qui peut se révéler à double tranchant.
La Syrie l'applique très bien en créant de faux comptes facebook, en surveillant les vrais comptes/blogs de ses opposants et en réprimant dès lors plus efficacement encore la révolte dans des bains de sang.
Il est certain que l'outil ne sera pas le seul à faire que la culture et la connaissance seront partagés. Pour cela, il faudrait une réelle volonté politique d'éducation non seulement des générations futures avec un réel cours d'expression publique dans les écoles, mais aussi (et surtout si on veut une transformation de la société qui soit plus rapide que les quelques siècles qui ont séparé l'invention de l'imprimerie de l'effectivité de la renaissance et des lumières) des couches les plus populaires et âgées à l'utilisation pleine et entière d'Internet. Sans compter bien-sur l'accès "physique" à tous par le fait de pouvoir se payer au moins un ordinateur de deuxième main et une connexion internet pour réduire la fracture numérique.
Il faudra un jour faire passer tous les citoyens comme des utilisateurs au moins au dessus du niveau "râleur" de l'échelle de Bayart ( Partie "Dis Maman, c'est quoi un internaute" http://www.april.org/internet-democ... ) pour que la démocratie se voit transformée comme la monarchie absolue l'a été. L'utilisation basique de consommation (même de connaissance) est beaucoup trop restrictive et "restrictible" pour pouvoir à elle seule changer la façon dont nous fonctionnons. Par contre, ce que nous faisons ici est déjà plus formateur pour nos deux esprits et j'espère qu'il donnera même envie à d'autre de participer et donc de devenir "au moins" des "râleurs". D'autre se disent des "indignés".
Le troll sera-t-il l'avenir de la démocratie ? :)
Si y'a bien une chose que j'ai du mal à supporter, ce n'est pas l'ignorance, mais la volonté de rester dans l'ignorance, ou plutôt devrais-je dire, la non volonté de comprendre et d'avancer.
Mais tout le monde fait ça, moi le premier. tout dépend du sujet: c'est la facilité, le cerveau reptilien ou la paresse, comme on veut. On ne peut pas être partout, sur tous les fronts et à 100%. Scotcher devant une flaque d'eau sans rien penser fait du bien aussi :)
Je crois bien avoir lu que Ploum ne savait pas comment marche une voiture, et n'avait surtout pas envie de le savoir parce que ça ne l'intéresse pas. On a tous notre "voiture" je pense, et c'est de bonne guerre : ça permet de mobiliser nos cellules grises sur autre chose comme les "ronavions".
J'ai entendu une fois une théorie* comme quoi la société depuis 40 ans (la fin des 30 glorieuses en somme), s'arrange pour faire de nous des moutons. On fait exprès de changer les programmes scolaires pour que les parents eux-mêmes ne puissent pas aider les enfants et décrochent rapidement, on fait exprès de pousser tout le monde vers des filières hautes ce qui fait de la main d'oeuvre diplômée payée au lance-pierre, ce qui fait aussi qu'on n'apprend plus l'état d'esprit critique à l'école, trop dangereux: il faut des consommateurs passifs. Il vaut mieux des consommateurs passifs avec des crédits sur 15 ans, que des bons élèves dans les bonnes filières avec le bon esprit critique, près à se remettre en question, changer de filière et d'orientation s'il le faut, et continuer à participer à la vie de la cité.
Le mode passif arrange tout le monde finalement, non ?
*jamais eu de pistes là dessus pour retrouver des références, des notes ou des articles, désolé. si certains en ont faites suivre merci ;)
Voilà, un très bon billet. Je te soutiens entièrement dans ta vision des choses. En effet, je pensais aussi, il y a encore quelques années, qu'il était normal pour tout le monde de se poser des questions et de chercher les réponses logiques à celles-ci. Malheureusement, la réalité est très loin de cela. Je pense même que l'abrutissement de la population par les médias, par l'absorption d'informations préformattées ne fait que renforcer leur passivité intellectuelle.
Smat > Je connais le principe d'un moteur à explosion, je sais comment fonctionne un changement de vitesse. Bref, je sais comment fonctionne une voiture.
Après, je ne creuse pas dans les différences entre les marques, les subtilités. Tout simplement parce que, en effet, le temps est limité. Du coup, il faut faire des choix. En ce qui concerne les voitures, ma compréhension actuelle me fait dire qu'une compréhension plus poussée ne m'apporterait rien de plus. Du coup, je ne creuse pas plus *pour le moment*, pensant que connaître mieux une voiture que ce que je n'en connais actuellement ne pourrais changer ma vision du monde ou m'apprendre quelque chose d'indispensable.
Bref, même si c'est peut-être faux, on parle ici d'un choix raisonné et qui peut être amené à changer. Si je décide de faire le Paris-Dakar, par exemple, je pencherai sur la question avant le départ ;-)
Comme tu le dis donc, on a tous nos voitures. Mais il est important que ces voitures soit un choix raisonné, conscient et puissent être remis en question à tout moment.
+0.5
J'aime ton principe de toujours se poser des questions et d'être capable de se remettre en question.
Vu les réactions, cet avis semble partagé au moins par tous ceux qui ont pris la peine de lire ton texte jusqu'au bout, et de rédiger un commentaire par la suite. Ce qui, je l'avoue, me demande un certain effort après une journée de travail.
Je m'étonne donc d'être le premier à ne pas être d'accord avec tout ce que tu dis. Ou du moins à l'affirmer. Est-il possible que tous ceux qui ont répondus réfléchissent exactement de la même manière?
Primo, je ne considère pas notre monde et la vie en général comme étant simple. Au contraire, c'est extrêmement complexe, et c'est ça qui est merveilleux. S'il nous est possible de chercher à comprendre tout ce qui nous intéresse dans le monde qui nous entoure, nous sommes incapables de l'appréhender dans sa globalité. Il y a tant de choses à apprendre, à découvrir, qu'il restera toujours de la place pour le rêve et le mystère. Ce qui ne doit nullement nous empêcher de nous aventurer sur le chemin de l'illumination.
Secundo, "tout est logique". Est-ce bien vrai? Ou est-ce nous qui voulons trouver une logique en toute chose, afin de pouvoir dire que nous la comprenons? Tout jeux à ses règles, qui semblent logiques tant que nous restons dans le jeu. Mais c'est la créativité de l'auteur du jeu qui a permis à cette logique d'exister. En dehors du jeu, ces règles n'ont pas de sens. Sans ces règles, le jeu n'a pas de sens. Et l'auteur aurait très bien pu inventer des règes totalement différentes, voir opposées, pour son jeu, elles nous auraient parues logiques.
De même pour notre monde. Si les lois qui régissent notre univers, telles que nous les comprenons aujourd'hui, nous paraissent logiques, elles n'ont de valeur que dans les limites de notre compréhension.
C'est logique, non?
Tertio, je comprends parfaitement tout ceux qui parfois, voir régulièrement, ne prennent pas la peine de se poser des questions. Car la première question que je me suis posée en lisant ton texte, c'est : "pourquoi se poser des questions?". Pour obtenir des réponses? La recherche de la connaissance est-elle un fin en soi? C'est un peu comme l'idée de travailler pour augmenter un chiffre sur un compte en banque. Aucun intérêt si c'est pour ne rien en faire.
Peut-on vivre heureux sans se poser de questions? Ou à l'inverse, peut-on vivre heureux en se posant continuellement des questions. Peut-être que certains y ont déjà réfléchis, et sont parvenus à la conclusion qu'ils se sentent bien sans se poser de question. Tout comme vous en avez besoin. Une réponse différente est-elle une mauvaise réponse? Nous sommes tous différents, alors pourquoi rejeter ceux qui n'ont pas besoin de se poser de question?
Finalement, merci de m'avoir donné envie de réfléchir à tout ça.
Lolo: +1
Vive les trolls !
Merci à Olivier pour cette bonne mise au point.
Effectivement je suis entièrement d'accord que la diversité est une richesse, et qu'avoir des avis différents permet plus que l'accord à 100% de me faire avancer dans la vie.
De plus, il y a certaines questions qui n'ont pas de réponse donc personnellement, je ne désire pas mes les pauser et y passer du temps.
C'est un choix.
Merci pour ce bon complément de réflexion.
Globalement d'accord. J'ai récemment fait la "découverte" que les gens ne se posaient pas (autant) de question (que moi). Et régulièrement, les gens finissent par me dire "Mais pourquoi tu te poses ces questions". C'est un monde effrayant pour moi où l'on prend tout pour acquis. Certes plus simple, plus "confortable".
Pour moi, cet exercice quotidien et presque permanent est épuisant. Me rendre compte que plus je sais, plus je m’interroge, moins je sais. C'est comme vouloir tomber dans un "gouffre multiple". A chaque fois que l'on pense trouver le sol sous ses pieds. Il s'écroule.
Gabin chantait déjà à l'époque: "Aujourd'hui, je sais, je sais qu'on ne sait jamais"... Épuisant je vous le dis.
Et personnellement, je rajouterai une quatrième réponse à la liste de trois que tu évoques. Cette réponse, qu'on ne la retrouve que chez peu de gens: "On ne sait pas". Et parfois dans des domaines que beaucoup de gens considère comme simple ou acquis. Exemple tout simple: pourquoi une pomme est-elle attirée par la terre (et inversement)?
Ceci dit, se poser des questions sur le fait de interroger est en soit déjà une bonne réflexion ;)
Je ne suis pas d'accord.
On ne peut pas tout comprendre. Ce n'est pas un théorème que j'énonce là, juste un résultat expérimental, évident pour tout le monde.
D'abord, il y a trop de choses à comprendre. Tout ne peut être compris.
Et même de ce qu'on croit avoir compris, l'essentiel de notre compréhension se révèle fausse, au mieux inexacte.
Je pense qu'il faut reconnaître les limites de notre raisonnement plutôt que de raconter n'importe quoi.
Bonjour,
+FF
Pourquoi tu nous bluffes toujours avec tes textes si limpides ?
Parce que tu sais courir (peut-être pas le marathon, mais au moins 10 km) et parce que tu sais jouer à saute-mouton et à saute-barrière-de-l'intelligence.
Pourquoi n'aimes-tu pas les contraintes ?
Parce que tu n'es pas masochiste.
Pourquoi n'es-tu pas masochiste ?
Parce que tu aimes trop vivre à 100 à l'heure pour te soumettre, même quelques minutes, à tes fantasmes.
Pourquoi n'aimes-tu pas ...
Parce que ... et puis la ferme tu me gaves avec tes questions.
En tout cas, je ne mets pas +1.
Pourquoi mettrais-je +1 quand je peux mettre +FF (11111111 pour ceux qui ne causent pas l'hexadécimal).
A bientôt.
Jonas.
Tout comprendre.
Tout apprendre.
Tout maîtriser.
Moi aussi mon bonheur se trouve là.
Je vois une psy depuis 2 ans pour échapper à cette compulsion.
@®om:
«Pour rendre le monde compréhensible par tous, faut-il rendre les gens plus "intelligents" (entre guillemets) ou rendre le monde plus simple ?»
Rendre le monde plus simple ne le rendra pas plus compréhensible. Il permettra juste aux gens de manipuler davantage de concepts sans chercher à les comprendre. En fait je pense que le mieux est de définir l'«intelligence» comme la capacité à aborder de nouveaux concepts.
Quand on se pose toutes sortes de questions, sans arrêt, cela permet au moins de retarder le processus de vieillissement, car puisque le cerveau vie, tout doit vivre ! Une personne qui végète à l'âge de la retraite devient gaga.
En tout cas, c'est vrai que par défaut, j'ai l'impression que les gens se résignent à la "réalité" et puis c'est comme ça. Quand quelque chose ne va pas, c'est un état de fait qu'on ne peut changer. Je pense notamment à l'école, puisque c'est sur quoi je travaille : pourquoi les profs sont si souvent ennuyants ? Pourquoi le système scolaire est-il boiteux ? Pourquoi apprendre à des ados les logarithmes népériens au lycée ? (un machin obscur de maths) Pourquoi ces cours bizarres ?
Enfin, ça marche dans tous les domaines. :)
Très bien. Maintenant, petite question normative : apprendre et toujours questionner, est-ce faire le meilleur usage de son existence ?
Sur cette triste question, retournons à nos livres et oublions-là, voulez-vous ?
@DtE: définis «meilleur» ;-) . En fait c'est juste que nous pensons comme ça et que ça nous semble naturel ; nous ne comprenons pas pourquoi tout le monde n'en fait pas autant.
D'un autre côté, on peut aussi considérer que ceux qui ne se posent pas de question techniques (au sens large) ont également attribué leur temps à autre chose. (par exemple à sociabilier ? :-O )
Tous d'abord bonjour,
je réclame de l'indulgence pour mon écriture, qui comme j'ai pu le voir plus haut est un soucis car représentatif du manque de volonté des gens, je suis dysorthographe (mot qui n'existe pas mais bon...), et niveau volonté et intelligence je pence que ça va, j'ai ma dose (j'ai un DUT en génie électrique et info indus, Licence PRO en électronique embarqué, un deug, licence en Génie électrique et un master recherche en Automatique (en cour de finalisation), là j'ai exposé mon cv pour faire jackie grosse b... bref, uniquement dans le but de montrer que je ne suis pas feignant, etc)
Depuis ma plus tendre enfance, j'ai saoulé mon entourage en posant toujours des question qui contenais le mot "pourquoi" au point de finir par me faire envoyer sur les roses par ce qu'il n’arrive plus a fournir les réponse et les justification de leur réponse...
Aujourd'hui, je n'ai pas de souci pour réfléchir, mon "boulot" à l'avenir et d'inventé des "trucs" divers et varié, là je suis en stage dans un labos de recherche et c'est assez amusant je dois dire.
La seul contre partie que j'ai à formuler et que certain jour, j'ai la sensation de ne plus totalement etre maître de mes pensée, dans le sens ou je réfléchie dans la journée à un tas de problème qui on besoin d'une solution, et que mon cerveau refuse de lâché l'affaire tant qu'une solution, ou une ébauche ressemblant a une solution pointe le bout de son nez.
C'est assez dur de se réveillé et chaque matin, se mettre à "critiquer" tous ce que je vois, mettre en doute, discuter avec moi même de tous ce que je perçois. Sans discontinué sans jamais faire de pose.
Les seuls choses qui réussisse a me permettre de ne pas trop penser sont celle qui arrive a capter toutes mon attentions (ce qui n'est pas commun, je fais toujours 36 chose en même temps).
Je me sent comme un boulimique, l'impression d'avoir envie de tous savoir, de tous vouloir comprendre, ça ne me dérange pas trop dans ma vie de tous les jours mais c'est parfois pesant et souvent épuisant intellectuellement parlant.
Voila pour mes sentions et vision personnelle sur le fait de toujours ce poser des questions.
Pour ce qui est du reste de l'article, je dis souvent que l'on se doit de douter de tous, car rien n'est acquis.
Dans mes études j'ai toujours été surpris de voir que ceux qui on le potentiel pour faire des choses grandiose, apprendre et s’intéresser, n'arrivent souvent pas à faire de haute étude. Alors que d'autre à l'intelligence plus que douteuse et au pathologie mentale évidente se retrouve major de promo à l'IPAG (Institut de Préparation à l'Administration Générale).
La capacité a faire quelque chose machinalement et une chose bien éloigné de la capacité à comprendre un problème posé, malheureusement c'est ce que l'on nous demande de plus en plus.
Peu de gens pensent par eux même, mais je suis convaincu que d'une certaine façon ils sont heureux.
Comme disait l'autre "heureux sont les ignorants".
Bon après avoir fait cette espèce de comming-out anarchique qui ma fait du bien, je ne sais pas comment conclure.
Bravo à l'auteur pour son article et pour son style très clair.
Tous d'abord bonjour,
je réclame de l'indulgence pour mon écriture, qui comme j'ai pu le voir plus haut est un soucis car représentatif du manque de volonté des gens, je suis dysorthographe (mot qui n'existe pas mais bon...), et niveau volonté et intelligence je pence que ça va, j'ai ma dose (j'ai un DUT en génie électrique et info indus, Licence PRO en électronique embarqué, un deug, licence en Génie électrique et un master recherche en Automatique (en cour de finalisation), là j'ai exposé mon cv pour faire jackie grosse b... bref, uniquement dans le but de montrer que je ne suis pas feignant, etc)
Depuis ma plus tendre enfance, j'ai saoulé mon entourage en posant toujours des question qui contenais le mot "pourquoi" au point de finir par me faire envoyer sur les roses par ce qu'il n’arrive plus a fournir les réponse et les justification de leur réponse...
Aujourd'hui, je n'ai pas de souci pour réfléchir, mon "boulot" à l'avenir et d'inventé des "trucs" divers et varié, là je suis en stage dans un labos de recherche et c'est assez amusant je dois dire.
La seul contre partie que j'ai à formuler et que certain jour, j'ai la sensation de ne plus totalement etre maître de mes pensée, dans le sens ou je réfléchie dans la journée à un tas de problème qui on besoin d'une solution, et que mon cerveau refuse de lâché l'affaire tant qu'une solution, ou une ébauche ressemblant a une solution pointe le bout de son nez.
C'est assez dur de se réveillé et chaque matin, se mettre à "critiquer" tous ce que je vois, mettre en doute, discuter avec moi même de tous ce que je perçois. Sans discontinué sans jamais faire de pose.
Les seuls choses qui réussisse a me permettre de ne pas trop penser sont celle qui arrive a capter toutes mon attentions (ce qui n'est pas commun, je fais toujours 36 chose en même temps).
Je me sent comme un boulimique, l'impression d'avoir envie de tous savoir, de tous vouloir comprendre, ça ne me dérange pas trop dans ma vie de tous les jours mais c'est parfois pesant et souvent épuisant intellectuellement parlant.
Voila pour mes sentions et vision personnelle sur le fait de toujours ce poser des questions.
Pour ce qui est du reste de l'article, je dis souvent que l'on se doit de douter de tous, car rien n'est acquis.
Dans mes études j'ai toujours été surpris de voir que ceux qui on le potentiel pour faire des choses grandiose, apprendre et s’intéresser, n'arrivent souvent pas à faire de haute étude. Alors que d'autre à l'intelligence plus que douteuse et au pathologie mentale évidente se retrouve major de promo à l'IPAG (Institut de Préparation à l'Administration Générale).
La capacité a faire quelque chose machinalement et une chose bien éloigné de la capacité à comprendre un problème posé, malheureusement c'est ce que l'on nous demande de plus en plus.
Peu de gens pensent par eux même, mais je suis convaincu que d'une certaine façon ils sont heureux.
Comme disait l'autre "heureux sont les ignorants".
Bon après avoir fait cette espèce de comming-out anarchique qui ma fait du bien, je ne sais pas comment conclure.
Bravo à l'auteur pour son article et pour son style très clair.
Je ne suis pas sûr que le monde soit si simple, mais je suis d'accord pour dire que tout est explicable (même si, à l'heure actuelle, on ne peut pas encore tout expliquer).
Je suis dans le même cas que toi et je me pose souvent la question "pourquoi?" ou "comment ça marche?". Je ne sais pas si c'est une bonne chose, car on fini par se dire que l'on ne connait pas vraiment le monde dans lequel on vit (sinon, on arrêterait de se poser des questions).
En fait, je pense que c'est une bonne chose de vouloir "comprendre" si on ne tombe pas dans l’excès, c'est à dire rechercher toujours plus loin en oubliant de profiter de ce que l'on sait (...je commence à avoir mal au crâne :) ).
Ce que tu appelles la "frontière de l'intelligence", je l'appellerais plutôt la "frontière de la connaissance". Je ne pense pas que ceux qui se posent vraiment la question "pourquoi?" tout le temps peuvent accepter une de tes 3 réponses. Il arrivera un bien un moment où la réponse n'a pas encore été trouvée, mais je ne pense pas que ces réponses soient "acceptables". Pour moi, la seul réponse possible est "je ne sais pas ENCORE".
Dans le contexte, « simple » signifie justement « explicable ». C'est comme ça que le terme est utilisé quand on parle d'univers compréhensible.
Salut,
Sans vouloir être désagréable, ton article me semble un poil prétentieux et un peu simpliste... Combien de scientifiques qui sont des "nerds" dans leur domaine avouent que plus ils en savent plus ils se rendent compte que finalement ils ne connaissent pas grand chose (C'est A. Einstein ou H. Rives qui a dit un truc comme ça).
Je ne remet absolument pas en cause la nécessité absolue d'avoir un esprit critique (en voie de disparition, je vous l'accorde), quant à vouloir comprendre tout ce qui interroge , je pense qu'un peu d'humilité s'impose... Ou alors les réponses qui te satisfont sont largement partielles, mais bon ce n'est peu être pas si grave, l'important est peut être l'image que l'on a de soi ;-)
@Manolo: il n'est dit à aucun moment que cette démarche est supérieure, ou qu'elle permet d'atteindre un savoir absolu…
C'était un peu se que j'avais ressenti à la lecture de ton article. Désolé si je t'ai mal interprété...
Manolo > Un scientifique dit justement "tout peut être compris mais moi je ne sais rien". Les deux ne sont pas contradictoire.
C'est en fait l'exact contraire de certains courants de pensée: "C'est comme ça, je le sais, j'en suis persuadé".
Je me souviens d'une personne religieuse qui disait que rien ne pouvait être créé à partir du vide. Lorsque j'ai parlé de l'effet Casimir, la réaction a été: "je n'ai peut-être pas de PhD mais je sais que cette théorie est fausse, cela heurte le bon sens".
Du coup, il est amusant de constater que les personnes religieuses d'une part empêche de se poser des questions: « c'est comme ça », « ça ne se discute pas », « les voies du seigneurs sont impénétrables », « la nature même de dieu est incompréhensible pour l'homme » mais, d'un autre côté, ces mêmes personnes affirment de manière péremptoires leur vérité. Rien que le fait de dire « Il y a des choses qui ne pourront jamais être comprise » me semble bien prétentieux et arbitraire.
L'humilité est donc de dire: oui, tout peut être compris. Et ce que je ne comprends pas n'est dû qu'à mes propres limites personnelles.
Tout n'est pas explicable, c'est faux, il y a énormément de choses qu'on ignore. Et tout n'est pas compréhensible non plus. Mais, je suis d'accord, cela n'empêche pas de se poser des questions.
Pourquoi mettre la réflexion pour la réflexion sur un pied d'estale ? Elle est sans doute agréable pour toi, mais si elle n'est pas créatrice de quoi que se soit pour autrui, alors elle n'est pas "meilleure" qu'un pastis au soleil.
Tout le monde n'a pas le même plaisir à réfléchir. Mon cerveau mouline aussi en continue, souvent je fais part de mes réflexions à mes potes, souvent ils me répondent quelque chose comme "tu nous casse les couilles avec ta métaphysique". Ils n'ont pas plus raison, je n'ai pas moins tord, à chacun de choisir ce qui lui traverse la caboche, que ce soit la paix d'une sieste au soleil ou l'éclair d'une idée géniale.
Bref la réflexion pour la réflexion, je ne pense pas que l'on puisse en quantifier la valeur en terme de plaisir par "voies philosophiques". Mais peut-être qu'un neuro-biologiste saurait en dire quelque chose.
Par contre, on peut argumenter sur le fait que la connaissance est bien souvent délivrance, qu'elle nous permet d’appréhender la vie de façon plus sage, et le bouddhisme dirait qu'elle est un des piliers de "la voie nous menant à la compréhension profonde de la véritable nature des choses." (jetée de pétales de rose).
De façon plus terre à terre, on peut aussi se demander si le débat continuel de l'humanité pour construire une société qui nous assurerait un bonheur parfait, et à tous, ne gagnerait pas en qualité si chacun dans son petit coin se mettait à activer sa matière grise en permanence sur chaque petit détail de son existence.
Je suis entièrement d'accord avec cet article. Mais n'est-ce pas ce qu'on appelle le Scepticisme ? Qui doit exister depuis des milliers d'années au moins ?
Je ne sais pas ce que je donnerais pour être quelqu'un qui ne se pose pas de question au lieu de m'en poser sans avoir le temps/l'énergie/l'envie d'y répondre.
Parce que quand on y réfléchit, on n'est là que pour durer 3/4 de siècle et laisser la place aux autres.
Dans quelques années il arrivera inévitablement que la connaissance et le savoir aient atteint des proportions si énormes qu'il serait sans doute dangereux d'avoir ce tempérament de "je veux tout comprendre".
@Raph "Tout n'est pas explicable, c'est faux, il y a énormément de choses qu'on ignore."
C'est pas parce que l'on ne sait pas expliquer certaines chose A L'HEURE ACTUELLE qu'elle ne sont pas explicable. Chaque découverte apporte son lot de réponse. Ce que l'on ne sait pas expliquer aujourd'hui, on saura l'expliquer demain. Donc l'explication existe, même si on ne la connait pas encore.
J'ai beau être athée, le fait de croire que "tout est explicable, même si maintenant certaines choses ne le sont pas encore", sans remettre cette hypothèse en question, ça ne serait pas justement une manifestation de l'attitude à laquelle l'article s'oppose ?
Je suis fondamentalement en accord avec l'attitude exposée dans l'article, et je pense que la curiosité et l'esprit critique sont deux denrées malheureusement de plus en plus rare, mais je suis convaincu que si on se veut un vrai sceptique, l'utilisation du mot "tout" doit faire partie de ce ces choses qui envoient un "signal d'alarme" :)
@Raph et Ploum : "Ce que l'on ne sait pas expliquer aujourd'hui, on saura l'expliquer demain. Donc l'explication existe, même si on ne la connait pas encore."
Cette affirmation est de l'ordre de la foi... Dans la nature humaine certes, mais c'est du même acabit que : "c'est comme ça », « ça ne se discute pas », « les voies du seigneurs sont impénétrables », « la nature même de dieu est incompréhensible pour l'homme » mais, d'un autre côté, ces mêmes personnes affirment de manière péremptoires leur vérité. Rien que le fait de dire « Il y a des choses qui ne pourront jamais être comprise »
C'est une affirmation invérifiable, indémontrable comme de nombreuse question qui sont de l'ordre de la foi.
Manolo > Pas vraiment. Tout simplement parce que ce n'est pas une affirmation absolue. C'est surtout un état d'esprit: "partons du principe que tout est compréhensible".
Résultat: tout le devient effectivement. Car si quelque chose est trop complexe pour être appréhendé tel quel, il "suffit" de construire des outils qui, eux, comprennent les concepts. Un exemple typique est la mécanique quantique. L'esprit humain est profondément réfractaire aux concepts quantiques. Il a "suffit" de développer des outils mathématiques qui eux ne s'embarrassaient pas de préjugés.
Vois-tu où je veux en venir? Le tout est compréhensible est un état de base, un postulat. Et ce postulat n'a encore jamais été pris en défaut. Par contre, de nombreuses choses qu'on considéraient comme incompréhensibles le sont devenue grâce au progrès.
D'ailleurs, dire démontrer que quelque chose est incompréhensible me semble absurde car une telle démonstration demanderait justement de comprendre le concept incompréhensible. CQFD.
@ploum,
Affirmer : "Par contre, de nombreuses choses qu'on considéraient comme incompréhensibles le sont devenue grâce au progrès.", c'est empirique. L’expérience, jusqu'à présent nous a montré que nous comprenons de plus en plus de chose, mais de la a dire que nous comprendrons tout dans l'avenir, c'est de l'ordre de la foi.
En outre, ai je tords de dire :
Les affirmation : "partons du principe que tout est compréhensible" et "Dieu existe" sont des postulats du même ordre... Un postulat qui "n'a encore jamais été pris en défaut".
Ton raisonnement débute par la convention "tout est compréhensible", mais c'est comme tu le dis : un postulat, une base de départ que tu as fixé, une conviction personnel qui n'est pas "raisonnable".
Dire que tout sera compris dans l'avenir grâce au progrès est un acte de foi, dans ce cas... dans le progrès. Mais, je persiste, c'est de l'ordre de la foi.
Quelqu'un a dit : "la foi est l'assurance des choses qu'on espère, et la conviction de celles qu'on ne voit pas."
Il me semble que ton postulat de départ est de cet ordre la.
Je ne suis pas d'accord avec le fait que tout soit soit-disant compréhensible (ne nous surestimons pas tout de même), mais ça serait bien d'avoir une case “se souvenir de moi” dans les commentaires.
Manolo > Ok, admettons que certaines choses ne puissent pas être comprises. Voilà. Maintenant, ma question c'est: comment tu démontres que tu es face à une de ces choses ne pouvant pas être comprise? Soit tu admets que ce n'est pas prouvable et, dans ce cas, tu es bien forcé de partir du postulat que cette chose est compréhensible pour essayer d'avancer (et donc, in fine, que tout est compréhensible), soit tu arrives à démontrer que ce n'est pas compréhensible.
Or, comme je l'ai dis plus haut, démontrer que quelque chose n'est pas compréhensible requiert de comprendre cette chose. Car n'oublions pas, tu dois démontrer que ce ne sera jamais compréhensible par personne (pas uniquement toi-même).
Du coup, tu vois que si tu pars du postulat inverse, que "au moins quelque chose dans l'univers est incompréhensible", tu arrives à une situation absurde.
Bref, quand je dis: "tout est compréhensible", ce n'est pas de la foi. C'est juste logique. « Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ».
> Notre intelligence est donc bridée par deux obstacles majeurs: le défaitisme et la frontière de l'intelligence. Mais si on n'accepte ni l'un ni l'autre, plus rien ne s'oppose à la compréhension du monde.
Non Ploum, non.
Par quel miracle la frontière de l'intelligence se dissipe-t-elle, juste parce que tu “ne l'acceptes pas” ?
Tu déclares que la logique suffit à tout expliquer.
Non.
La logique a besoin de postulats pour avancer.
La logique ne donne pas les postulats.
Les postulats ne peuvent pas être démontrés. Ni compris.
Je trouve que c'est plutôt naïf que de se borner à la logique pour percevoir le monde autour de soi.
Et puis, c'est quoi la frontière de l'intelligence, pour toi ?
Beaucoup de gens se posent des questions du genre “Qu'est-ce qui se passe après la mort ?”
J'ai envie de leur répondre : “La même chose qu'avant la naissance peut-être, non ?”
Le cerveau a cette drôle de fonction de toujours apprendre à reconnaître les mêmes motifs, chercher à nommer les choses, chercher des liens logiques. On fait l'éloge de la raison comme si c'était la vertu suprême. Au fond, c'est juste un autre mécanisme de survie.
Et je ne crois pas plus à l'intelligence humain qu'au reste de nos facultés. Peut-être les sous-estimes-tu ?
Ploum : une faille dans ton raisonnement : ne pas pouvoir prouver que quelque chose est incompréhensible n'implique pas que cette chose soit compréhensible (ça n'implique rien du tout, d'ailleurs).
Je pense que quelque part, il faut faire la part des choses. Dans l'interprétation que je fais de ce billet, il n'y a rien d'absolu sur la compréhensibilité/démonstrabilité/vérifiabilité. Par contre, l'avis qui me semble être celui de Ploum (sans doute parce que c'est le mien) est que l'ouverture et le questionnement sont indispensables à la progression. Si, face à un truc, tu te dis "c'est incompréhensible", t'as pas l'air con. En revanche, si tu cherches à comprendre, tu progresses forcément (ne serait-ce que parce que la démarche d'apprentissage est un apprentissage en soi). Soit tu comprends ledit truc, soit ta réflexion te permet de comprendre autre chose. Que le monde soit compréhensible ou non n'est pas la question.
Même si je crois quelque part qu'il existe une réalité objective, le modèle qui me permet le mieux d'appréhender les choses est celui d'un monde qui n'existe que parce que je suis là pour le voir et le concevoir. Dans ce monde-ci, je peux décider que tout est compréhensible, du moment que je m'en donne la peine. (D'ailleurs, selon le modèle "réalité objective", ne pas comprendre quelque chose prouve... que tu ne le comprends pas. Il est donc très possible que tu n'aie juste pas assez cherché à comprendre.)
En outre, il faut se rappeler que nous sommes humains avec nos faiblesses, d'esprit et d'ailleurs. Quand tu te défends de postulater (j'ai une licence poétique délivrée par la Commission des Poètes Indépendants qui m'autorise à néologiser de la sorte, dont acte), et que tu postulates tout de même par inadvertance, je ne vais pas te conspuer pour ça. On sait tous, souvent, qu'on aurait du, qu'on devrait faire comme ci, comme ça, et on le le fait pas parce qu'on ne réussit pas. Y a pas de contradiction. Le problème serait de s'obstiner dans les deux théories, à la fois (le refus du postulat infondé et tout autre truc utilisant un postulat infondé).
Alex : Il y a un point sur lequel je t'appuie : la simple non-acceptation de limites insensées à la compréhension ne suffit pas à comprendre : pour comprendre, il faut aussi faire l'effort de comprendre, travailler à comprendre. Pour le reste, t'es à côté de la plaque [avis personnel]. Contrairement à ce que tu affirmes, il n'est dit nulle part que la logique suffit. Il faut un effort, il faut du temps (à moins d'avoir un effort infini), et ces deux limites suffisent à générer des incompréhensions, plus ou moins temporaires. Relativement à ta remarque sur la mort : j'oubliais, il faut des bases à la réflexion. Dans ce cas, donc, de la mort, il faut admettre que tu n'as pas les bases. Tu peux donc y réfléchir aussi fort que tu veux, tu ne trouveras pas. À ta mort (physique), soit tu persisteras, et tu pourras continuer à chercher avec le temps qu'il faut, puisque tu auras les bases et l'effort ; soit tu disparaîtras, tu auras alors les bases, le temps... mais pas l'effort.
Cette histoire de mort me permet d'enchaîner sur autre chose : on se fait tous des théories sur des trucs invérifiables (nota : j'ai pas dit incompréhensible, j'ai dit invérifiable, ceci étant un caractère non intrinsèque), comme la mort. En ce qui me concerne, rasoir d'Ockham : rien ne me permet de croire qu'il y a quoi que ce soit après la mort physique, faisons donc au plus simple, il n'y a rien. Un écueil possible serait de vouloir imposer ma théorie en perdant de vue son aspect totalement subjectif. Ceci, toutefois, ne remet pas en cause la démarche logique conduisant à cette théorie (rasoir), ni mon droit logique à m'appuyer sur cette théorie pour faire mes choix de vie. Je n'ai rien prouvé, aucune certitude, mais parfois il faut partir de quelque chose pour prendre une décision, et faute de grives, on mange des merles, comme disait l'aut' (en outre, ça donne l'air intelligent en société).
To conclude : Je ne sais pas si il existe des choses intrinsèquement incompréhensibles, entre autres parce que je n'en ai rien à foutre ; cependant, dans le monde tel que je le perçois (qui est le seul réel pour moi), je fais comme ça, parce que c'est le seul moyen d'aller de l'avant, de voir de nouvelles choses au lieu de buter inlassablement sur les mêmes. Que ce principe soit vrai, ou faux, m'importe peu, ce qui importe est ce que son application me permet. On peut toujours faire comme si on était complètement objectifs et détachés, ça ne gêne pas ; mais il faut garder à l'esprit que nous ne le sommes pas, et en accepter les corollaires.
Ah, pourquoi ?
Éternelle question. Mais le "jusque parce que" à ses avantages, et ce n'est à mon très humble avis, Maître, pas un hasard si il s'est souvent imposé.
Tu donnes trois exemples de ce que tu appelles la fin de la raison.
— « Cela a toujours été comme ça ! » (argument de l'ancienneté)
Certes, certes, si on s'arrête là, une telle réponse est mauvaise. Mais, et il y a un mais, ça me paraît nécessaire pour entamer un raisonnement. Avant de me demander pourquoi le soleil se lève du côté de l'Atlantique et pas des Alpes, il me paraît nécessaire de savoir depuis combien de temps cela dure. Répondre, c'est déjà la moitié. Ce qui dure depuis toujours n'existe pas, et ce demander si ça a toujours été comme ça, c'est déjà répondre : "non" et trouver la cause. J'affirme donc qu'il faut être fou pour affirmer que ça a "toujours été comme ça !". Ou croyant, mais j'y viendrai plus tard.
— « Tout le monde fait comme ça ! » (argumentum ad populum)
Ça peut être un bon argument, ça aussi. Pour décrire ma page web qui roxe, je pourrais utiliser un langage ultra-léger, super, clair, lisible conçu pour l'occasion. Mais je le ferai pas : tout le monde utilise un butineur qui lit l'HTML, et donc va bien falloir que je m'y plie, si je veux que les gens me lisent. Pourquoi je roule à droite, et cède la priorité du côté droit (même si il serait logique de la céder à gauche, on voit mieux la gauche que la droite depuis l'habitacle) ? Parce que les autres aussi. L'uniformité est nécessaire dans certains domaines.
— « Je suis intimement convaincu de ce fait ! » (argument de la foi)
Ah, l'intime conviction. Faut déjà savoir qu'elle est valable en droit français (et pas que)... Mais justement, croire en quelque chose, n'est-ce pas lui donner naissance ? Je suis intimement convaincu que par tout point il passe une et une seule parallèle à une droite. C'est sans doute faux (mais là n'est pas la question), mais est-ce que le fait que ça "juste soit" ne permet pas de construire quelque chose à partir de ça ? Bien sur que si (ça s'appelle les maths euclidiennes, pour les paumés). Quelque chose qui est, et qui sert à expliquer pourquoi d'autres choses sont. Et qui pourtant se base sur une conjecture. Il faut savoir accepter la conjecture, quelques fois...
Deuxième cas d'argument de foi me semble-t-il valable : "pourquoi j'aime". Que ce soit quelque chose ou quelqu'un, je suis arrivé à la conclusion (après quelques lettres/mails romantiques, plusieurs rouleaux de papier Q (on repassera pour le romantisme) à essuyer mes larmes, que j'aime parce que je suis convaincu d'aimer. Mon amour, même sans autre causes (j'aime pas Freud, et si tu trouves un point commun entre ma would-be et môman, t'es génial), est, parce que j'y crois. C'est valable pour quelques domaines, et peut être (mais je prends des risques) pour celui aussi de la spiritualité ?
Avec mes respects, voilà donc l'expression de mes faibles et faillibles raisonnements, le plus clairement possible.
"..ce qui est terrible, ce qui est étonnant dans ce monde, c'est qu'il peut être compris, alors pourquoi se limiter à UN langage, uniquement UN langage qui atteint un niveau d'organisation et un seul..."
- Henri Laborit, à la radio, prônant comme toujours l'utilisation raisonnée de notre cerveau, et profite de l'occasion pour revendiquer l'interdisciplinarité en dénonçant les "spécialistes", cantonnés dans leur "spécialité" et ne faisant pas l'effort de relier entre eux les niveaux d'organisations du vivant (et de la matière).
Via le Framablog, je découvre ce blog qui m'a l'air bien riche et tombe sur ce billet qui me plait d'entrée de jeu.
La dynamique que j'y trouve est avant tout un témoignage de l'approche "critique" du monde autour de nous.
Choix, ou non-choix, on se positionne comme questionneur, c'est à dire que l'on est actif, et on suppose du coup ("du coup":comme disent les français toutes les trois phrases en ce moment) que celui qui ne questionne pas son monde extérieur est passif (bouh le vilain).
L'approche peut donc être critique à l'âge adulte, bien que la plupart de nos contemporains...heu...heum...(autocensure : je n'ai pas les chiffres).
Elle peut aussi être poétique et enfantine comme dans le texte de Peter Handke :
"...Warum bin ich ich und warum nicht du ?" (Pourquoi suis-je moi et pourquoi pas toi ?)
Warum bin ich hier und warum nicht dort ? (Pourquoi suis-je ici et pourquoi pas là bas ?)
Wann begann die Zeit und wo endet der Raum ?..."(Quand commence le temps et où fini l'espace ?)
-Peter Handke, "Lied vom Kindsein"
Je comprends legaub qui dénonce aussi l'aspect "compulsif" du "questionnement".
En même temps la remise en question peut être nécessaire, elle n'est d'ailleurs pas forcément pathologique, aussi systématique soit-elle (exemple en science fondamentale).
Mais lorsque ce questionnement n'est pas "subit", n'est-il pas la meilleure des choses qui nous soit arrivé dans l'histoire de l'humanité ?
N'est-ce pas cela qui pourrait finalement nous éviter de sombrer dans l'extinction de l'espèce, les affrontements sans fin des groupes qui ne se COMPRENNENT JAMAIS ?
Si je m'intéresse à la complexité des choses et des gens en comprenant les motivations je suis au dessus de la mêlée et y invite les autres.
Pour comprendre que l'autre n'est pas libre d'agir ou de penser comme il le fait, et que je dois DISCUTER au lieu d'EXTERMINER,
n'est ce pas justement la démarche décrite ici dans ce billet qui va m'y aider ?
En bref, le monde peut être compris, c'est formidable et peut être vital, mais chacun fait comme il veut.
Pour ma part je corrobore le sens de ce billet, et maintient que cette attitude est le meilleur rempart contre la disparition de l'espèce (pour mémoire à l'échelle de la vie sur terre, la disparition des humains est plus que probable).