Ploum.net le blog de Lionel Dricot 2022-12-05T16:35:57.814023Z https://ploum.net/ Ploumhttps://ploum.net Drowning in AI Generated Garbage : the silent war we are fighting https://ploum.net/2022-12-05-drowning-in-ai-generated-garbage.html 2022-12-05T00:00:00Z 2022-12-05T00:00:00Z <h1>Drowning in AI Generated Garbage : the silent war we are fighting</h1> <p>All over the web, we are witnessing very spectacular results from statistic algorithms that have been in the work for the last forty years. We gave those algorithms an incredibly catchy name: &quot;Artificial Intelligence&quot;. We now have very popular and direct applications for them: give the algorithm a simple text prompt (don’t get me started on the importance of text) and it generates a beautiful original picture or a very serious-sounding text. It could also generate sounds or videos (we call them &quot;deep fakes&quot;). After all, it generates only a stream of bits, a bunch of 1 and 0 open to interpretation.</p> <p>All of this has been made possible because billions of humans were uploading and sharing texts and pictures on the commons we call &quot;the Internet&quot; (and more specifically the web, a common more endangered every day because of the greediness of monopolies). People upload their creation. Or creations from others. After all, does &quot;owning&quot; a text or a picture has any meaning anywhere except in the twisted minds of corrupted lawyers?</p> <p>What we are witnessing is thus not &quot;artificial creativity&quot; but a simple &quot;statistical mean of everything uploaded by humans on the internet which fits certain criteria&quot;. It looks nice. It looks fantastic.</p> <p>While they are exciting because they are new, those creations are basically random statistical noise tailored to be liked. Facebook created algorithms to show us the content that will engage us the most. Algorithms are able to create out of nowhere this very engaging content. That’s exactly why you are finding the results fascinating. Those are pictures and text that have the maximal probability of fascinating us. They are designed that way.</p> <p>But one thing is happening really fast.</p> <p>Those &quot;artificial&quot; creations are also uploaded on the Internet. Those artificial artefacts are now part of the statistical data.</p> <p>Do you see where it leads?</p> <p>The algorithms are already feeding themselves on their own data. And, as any graduate student will tell you, training on your own results is usually a bad idea. You end sooner or later with pure overfitted inbred garbage. Eating your own shit is never healthy in the long run.</p> <p>Twitter and Facebook are good examples of such algorithmic trash. The problem is that they managed to become too powerful and influential before we realised it was trash.</p> <p>From now on, we have to treat anything we see on the Internet as potential AI garbage. The picture gallery from an artist? The very cool sounding answer on Stackoverflow? This article in the newspaper? This short viral video? This book on Amazon? They are all potential AI garbage.</p> <p>Fascinating garbage but garbage nonetheless.</p> <p>The robot invasion started 15 years ago, mostly unnoticed. We were expecting killing robots, we didn’t realise we were drowned in AI generated garbage. We will never fight laser wearing Terminators. Instead, we have to outsmart algorithms which are making us dumb enough to fight one against the other.</p> <p>Time to enter into resistance, to fight back by being and acting like decent human beings. Disconnect. Go outside. Start human discussions. Refuse to take for granted &quot;what was posted on the Internet&quot;. Meet. Touch. Smell. Build local businesses. Flee from monopolies. Refuse to quickly share and like things on your little brainwired screen. Stop calling a follower number &quot;you community&quot; and join small online human communities. Think. </p> <p>How to recognise true human communities free of algorithmics interferences?</p> <p>I don’t know. I don’t even know if there are any left. That’s frightening. But as long as we can pull the plug, we can resist. Disconnect!</p> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net La fin d’un blog et la dernière version de ploum.net https://ploum.net/2022-12-04-fin-du-blog-et-derniere-version.html 2022-12-04T00:00:00Z 2022-12-04T00:00:00Z <h1>La fin d’un blog et la dernière version de ploum.net</h1> <blockquote> Avertissement : Ce billet est une rétrospective technique des 18 années de ce blog. Il contient des termes informatiques et traite de la manière dont j’ai développé du code pour créer les pages que vous lisez. N’hésitez pas à passer les paragraphes qui contiennent trop de jargon.<br></blockquote> <h2>La naissance d’un blog</h2> <p>Je suis un précurseur visionnaire.</p> <p>En 2004, sur les conseils de mon ami Bertrand qui avait constaté que j’écrivais de longues tartines éparpillées aux quatre coins du web, je finis par ouvrir un blog. J’étais au départ réticent, affirmant qu’un blog n’était qu’un site web comme un autre, que la mode passerait vite. Tout comme le podcast n’était jamais qu’un fichier MP3, que la mode passerait tout autant. J’avais tenu un discours similaire en 97, affirmant que le web n’était que du texte affiché à l’écran, que la mode passerait. Juste avant de créer mon premier site. Un véritable précurseur visionnaire vous dis-je.</p> <p>Inspiré par le Standblog de Tristan Nitot (que je lisais et lis toujours), j’installai le logiciel Dotclear sur le serveur de deux amis et me mis à bloguer. Pour ne plus jamais arrêter. Que Bertrand, Tristan, Anthony, Fabien et Valérie (qui nomma mon blog &quot;Where is Ploum?&quot;) soient ici mille fois remerciés.</p> <p>En 2010, n’arrivant pas à trouver un thème Dotclear 2 qui me satisfasse, je décidai de migrer temporairement vers Wordpress (et non pas vers J2EE). Plateforme sur laquelle je suis resté depuis.</p> <ul> <li><a href="/ploum-en-j2ee/index.html">Ploum.net en J2EE (je précise qu’il s’agit d’une blague que seuls les vieux geeks comprendront)</a></li> </ul> <p>La vie avec Wordpress n’est pas de tout repos : mises à jour fréquentes, incompatibilités avec certains plug-ins, évolutions de plug-ins et de thèmes, certains devenant payants, messages d’alertes pour des versions PHP ou MySQL dépassées. Sans compter des pléthores de versions d’un fichier htaccess à ne surtout pas toucher sous peine de tout casser, des sauvegardes de bases de données à faire et oubliées dans un coin.</p> <p>Cherchant un minimalisme numérique, Wordpress ne me convenait plus du tout. Il ne correspondait plus non à ma philosophie. Malgré quelques tentatives, je n’avais pas réussi à retirer tout le JavaScript ni certaines fontes hébergées par Google sans casser mon thème. En 2018, je me suis activement mis à chercher une alternative.</p> <p>À cette époque, j’ai rencontré Matt, le fondateur de Write.as. J’ai contribué au projet afin de le rendre open source (ce que Matt fera sous le nom WriteFreely). Nous avons tenté de l’adapter à mes besoins. Besoins que je décrivais dans un long document évolutif. En parallèle, je testais tous les générateurs de sites statiques, les trouvant complexes, n’arrivant pas à faire exactement ce que je voulais.</p> <p>Je prétendais chercher du minimalisme et je reproduisais, sans le vouloir, le syndrome du project manager J2EE dont je m’étais moqué.</p> <p>Découvrant le protocole Gemini, je me suis rendu compte que c’était bel et bien ce genre de minimalisme auquel j’aspirais. J’en étais convaincu : mon Ploum.net nouvelle génération devrait également être sur Gemini.</p> <ul> <li><a href="/gemini-le-protocole-du-slow-web/index.html">Gemini, le protocole du slow web</a></li> </ul> <p>Mais loin de m’aider, cette certitude ne faisait qu’ajouter une fonctionnalité à la liste déjà longue de ce que je voulais pour mon blog. Je me perdais dans une quête d’un workflow idéal.</p> <p>Après quelques mois, abandonnant l’idée de mettre mon blog sur Gemini, je me décidai à ouvrir un Gemlog sur rawtext.club. Pour tester. Que cmccabe soit ici publiquement remercié.</p> <p>J’écrivais tous mes fichiers à la main dans Vim, je les envoyai ensuite sur le serveur distant depuis mon terminal. Le tout sans le moindre automatisme. J’y prenais énormément de plaisir. Alors que je pensais juste tester la technologie, je me suis naturellement retrouvé à écrire sur mon Gemlog, à réfléchir, à partager. Je retrouvais la naïveté initiale de mon blog, la spontanéité.</p> <p>Au fil des mois, j’introduisis néanmoins certaines automatisations. Sauvegardes et envoi vers le serveur grâce à git. Un petit script pour générer la page d’index. Les billets sur mon gemlog connaissaient un certain succès et certains les partageaient sur le web grâce à un proxy gemini−&gt;web. Un comble !</p> <p>Et c’est à ce moment-là que je compris que mon blog ne serait jamais sur Gemini. Ce serait le contraire ! J’allais mettre mon gemlog sur le web. Et importer près de 800 billets Wordpress dans mon Gemlog. Plus de 800.000 mots écrits en 18 années de blog. L’équivalent de 15 livres de la taille de Printeurs.</p> <h2>Lire avant tout</h2> <p>Depuis mon premier Dotclear, je jouais avec les thèmes, les plug-ins, les artifices, les commentaires. Je ne m’étais jamais vraiment posé la question de ce que j’attendais de mon blog.</p> <p>Mon blog est, depuis ces années, un fil de vie, un élément essentiel de mon identité. Mon blog me reflète, je suis qui je suis grâce à mon blog. Il est une partie de mon intimité, de mon essence.</p> <p>Qu’ai-je envie de faire de ma vie ? Écrire ! Mon blog doit donc me faciliter le fait d’écrire et son pendant indissociable : être lu !</p> <p>Être lu ne signifie pas être découvert, avoir des fans, des likes ou des abonnés. Être lu signifie que chaque personne arrivant sur un article sera considérée comme une lectrice et respectée comme telle. Pas d’engagement, de métriques, d’invitation à découvrir d’autres articles. Une lectrice a le droit de lire dans les meilleures conditions et de passer ensuite à autre chose.</p> <h2>Au travail !</h2> <p>Pour la première fois, le chemin me semblait enfin clair. Je n’allais pas tenter de trouver le logiciel parfait pour faire ce que je voulais. Je n’allais pas planifier, tester, connecter des solutions différentes en écumant le web. J’allais tout faire à la main, tout seul comme un grand. Si j’arrivais à convertir mon blog Wordpress en fichiers gmi (le format Gemini), il ne me restait qu’à écrire une petite routine pour convertir le tout en HTML.</p> <p>Un adage chez les programmeurs dit que tout programme complexe nait parce que le programmeur pensait sincèrement que c’était facile. Mon script ne fait pas exception à la règle. Il m’aura fallu plusieurs mois pour peaufiner et arriver à un résultat acceptable. Devant me passer du service Mailpoet intégré à Wordpress (service dont la licence m’était fournie par un sympathique lecteur, qu’il soit ici remercié), je du me résoudre à écrire ma propre gestion d’email pour pouvoir l’intégrer à un service open source. Ce fut la partie la plus difficile (probablement parce qu’en toute honnêteté, cela ne m’intéresse pas du tout). Si vous voulez recevoir les billets par mail, il existe désormais deux mailing-listes (si vous avez reçu ce billet par mail, vous êtes inscrit à la première FR mais pas à celle en anglais EN, je vous laisse vous inscrire si vous le souhaitez) :</p> <ul> <li><a href="https://listes.ploum.net/">2 mailings listes</a></li> <li><a href="mailto:fr-join@listes.ploum.net">Envoyez un mail à fr-join@listes.ploum.net pour recevoir les billets en français</a></li> <li><a href="mailto:en-join@listes.ploum.net">Pareil à en-join@listes.ploum.net pour recevoir les billets en anglais</a></li> </ul> <p>J’avoue être assez fier du résultat. Chaque billet que vous lisez est désormais un simple fichier texte que j’écris et corrige avant de publier en l’insérant dans le répertoire FR ou EN selon la langue. À partir de là, le tout est envoyé par git sur le service sourcehut et un script publish.py transforme mon texte en une page gmi, une page hmtl ou un email. À l’exception des éventuelles images, chaque page est complètement indépendante et ne fait appel à aucune ressource externe. Même les 40 lignes de CSS (pas une de plus) sont incluses. Cela permet des pages légères, rapides à charger même sur une mauvaise connexion, compatibles avec absolument toutes les plateformes même les plus anciennes, des pages que vous pouvez sauver, imprimer, envoyer sans craindre de perdre des informations. Bref, des véritables pages web, un concept devenu absurdement rare.</p> <ul> <li><a href="https://sr.ht/~lioploum/ploum.net/">Les sources de ce blog sur Sourcehut</a></li> </ul> <h2>La signification du minimalisme</h2> <p>En codant ce site, il m’est apparu que le minimalisme impliquait de faire des sacrifices. D’abandonner certains besoins. La raison pour laquelle je n’avais jamais été satisfait jusqu’à présent était mon incapacité à abandonner ce que je pensais essentiel.</p> <p>Les tags aident-ils la lecture ? Non, ils ont donc disparu. Les séries ? J’étais convaincu d’en avoir besoin. J’ai commencé à les implémenter, mais je n’ai pas été convaincu et j’ai mis ce travail de côté. La recherche intégrée ? La fonctionnalité est certes utile, mais son bénéfice ne couvre pas le coût de sa complexité. J’ai dû me faire violence pour l’abandonner, mais, une fois convaincu, quel soulagement ! </p> <p>Pour remplacer la recherche, je dispose de deux armes : la première est que la liste de tous mes billets est désormais disponible sur une simple page. Si vous connaissez un mot du titre du billet que vous recherchez, vous le trouverez avec un simple Ctrl+f dans votre navigateur.</p> <ul> <li><a href="/index_all.html">La liste de tous mes billets depuis 2004</a></li> </ul> <p>Pour la recherche plus profonde sur le contenu, mes billets étant désormais de simples fichiers texte sur mon disque dur, la commande &quot;grep&quot; me convient parfaitement. Et elle fonctionne même lorsque je suis déconnecté. </p> <p>Car l’aspect déconnecté est primordial. Ma déconnexion dans la première moitié de 2022 m’a fait prendre conscience à quel point mon blog Wordpress n’était plus en phase avec moi. Je ne pouvais plus le consulter simplement, je ne pouvais plus y poster sans passer du temps en ligne. </p> <p>Mes lecteurs les plus techniques peuvent également me consulter offline avec un simple &quot;git clone/git pull&quot;.</p> <h2>La dernière version ?</h2> <p>Le titre de ce billet est volontairement racoleur (et si vous êtes arrivé jusqu’ici, c’est que ça fonctionne), mais, oui, ce billet annonce bel et bien la fin de mon blog sur le web tel qu’il a été durant 18 ans. </p> <p>Désormais, vous ne lirez plus que mon Gemlog. Gemlog dans lequel j’ai importé le contenu de mon ancien blog. Cette approche Gemini-first implique des contraintes assez fortes, notamment celle de n’avoir qu’un lien par ligne (ce qui rend certains de mes anciens billets truffés de liens assez particuliers à lire, je le reconnais).</p> <p>J’ai cependant pris grand soin de faire en sorte que les anciennes URLs fonctionnent toujours. &quot;Cool URLs never change&quot;. Si ce n’est pas le cas, signalez-le-moi !</p> <p>Une autre particularité de ce projet dont je suis fier est que tout mon blog ne dépend désormais plus que de deux briques logicielles : git et python, des composants fondamentaux sur lesquels je peux espérer me baser jusqu’à la fin de ma vie. Le tout étant rédigé dans Vim et corrigé par le couple Antidote/Grammalecte (le point le plus fragile de mon système).</p> <p>Ce qui me fait dire que ce site est peut-être bel et bien la dernière version de ploum.net. Après Dotclear et Wordpress, je ne dépends désormais plus de personne. Plus de mises à jour imposées, plus de changements soudains d’interface, plus d’adaptation à des nouvelles versions (à part un éventuel python 4 qui ne devrait pas poser de problème vu que je n’utilise à dessein aucune bibliothèque externe). J’évolue à mon rythme et en faisant exactement ce qui me plait, sans dépendre d’une communauté ou d’un fournisseur.</p> <p>Aurais-je été plus efficace avec un générateur de site web existant ? Peut-être. Je n’en suis pas convaincu. J’aurais dû l’apprendre et me plier à ses contraintes arbitraires. Pour ensuite tenter de l’adapter à mes besoins. Même si cela avait été plus rapide sur le court terme, il aurait été nécessaire de me plier aux nouvelles versions, d’espérer qu’il soit maintenu, de m’intégrer dans la communauté et j’aurais forcément fini par migrer vers une autre solution un moment ou un autre.</p> <h2>La philosophie du code</h2> <p>Pour la première fois, mon blog exprime donc avec son code des valeurs que je tente de mettre par écrit : la simplicité volontaire est difficile, mais libère autant l’auteur que les lecteurs. Elle implique une vision tournée vers un long terme qui se compte en décennies. L’indépendance se conquiert en apprenant à maitriser des outils de base plutôt qu’en tentant d’adopter la dernière mode. </p> <p>En apportant les dernières touches au code qui génère ce qui n’est pour vous qu’une page parmi tant d’autres, j’ai eu l’impression d’avoir réduit la distance qui nous séparait. Les intermédiaires entre mon clavier et votre intelligence ont été réduits au strict nécessaire. Plutôt que des connexions à des interfaces impliquant des copier-coller, des chargements de librairies JavaScript, j’écris désormais dans un simple fichier texte.</p> <p>Fichier texte qui s’affiche ensuite dans vos mails, votre lecteur RSS ou votre nagivateur.</p> <p>Cela parait trivial, simple. C’est pourtant l’essence du web. Une essence qui est malheureusement beaucoup trop rare.</p> <p>Merci de me lire, de me partager (pour certain·e·s depuis des années), de partager mon intimité. Merci pour vos réactions, vos suggestions et votre soutien. J’espère que cette version vous plaira. </p> <p>Bonnes lectures et bons partages !</p> <p>PS: Si vous relisez régulièrement certains anciens articles (plusieurs personnes m’ont confié le faire), n’hésitez pas à vérifier que tout est OK et me signaler tout problème éventuel. Comme tout logiciel, le travail n’est jamais terminé. La version Wordpress restera disponible sur le domaine ploum.eu pour quelques mois.</p> <ul> <li><a href="https://ploum.eu">Ancienne version de ploum.net</a></li> </ul> <div class="signature"><p>Ingénieur et écrivain, j’explore l’impact des technologies sur l’humain. Abonnez-vous à mes écrits en français <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">par mail</a> ou <a href="/atom_fr.xml">par rss</a>. Pour mes écrits en anglais, abonnez-vous à <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">la newsletter anglophone</a> ou <a href="/atom.xml">au flux RSS complet</a>. Votre adresse n’est jamais partagée et effacée au désabonnement.</p> <p>Pour me soutenir, <a href="/livres.html">achetez mes livres</a> (si possible chez votre libraire) ! Je viens justement de publier un <a href="/et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur/index.html">recueil de nouvelles</a> qui devrait vous faire rire et réfléchir.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Reinventing How We Use Computers https://ploum.net/2022-12-03-reinventing-how-we-use-computers.html 2022-12-03T00:00:00Z 2022-12-03T00:00:00Z <h1>Reinventing How We Use Computers</h1> <p>Nearly two years ago, I put into words the dream I had for a durable computer. A computer that would be built for a lifetime. A computer that would not do everything but could do 80% of what I expect from it. I called this idea the Forever Computer.</p> <ul> <li><a href="/the-computer-built-to-last-50-years/index.html">The computer built to last 50 years</a></li> </ul> <p>I expected to launch a conversation about what we really expect from computers. What do we really want from them? What are some limitations that could N free us? What if we didn’t have a pointer but still wanted to be user-friendly by avoiding cryptic key combinations? What if we only had rare and intermittent connections? What if we didn’t have a high-resolution screen? Thinking about that gave birth to Offpunk, a command-line and offline web browser.</p> <ul> <li><a href="https://sr.ht/~lioploum/offpunk/">Offpunk</a></li> </ul> <p>Unsurprisingly, most of the reactions I had from my Forever Computer dream where about hardware. Every idea, every project I saw could be summarised as &quot;How to make hardware we can repair while not questioning what we do with this hardware?&quot; The (very interesting) Framework laptop is available as… a Chromebook. This is like transitioning to electric cars while having electricity generated from coal and not questioning why we ride in the first place. Oh, wait… </p> <p>By developing and using Offpunk, I had to think about what it means to use a computer. I ended up putting my fingers on a huge paradigm problem : we don’t have computers any more. We have &quot;content consuming devices&quot;.</p> <h2>The Consuming Screen</h2> <p>On my typewriter, two small retractable metal holders allow the page to stand up while being written. It’s fairly common. I realised that I retract them to keep the paper flowing horizontally. Instead of building a wall of text between me and my environment, I stay open to my surroundings, I catch the ideas that are besides the machine, further away. On the Freewrite, the horizontal e-ink screen does exactly the same. And it works great. It allows me to see what I’m writing without being absorbed by it.</p> <p>On our computers, the screen is always bigger, shinier, brighter. It is designed to consume you while you consume content. It is a wall to lock you in, to make you prisoner of your little space. Developers need three screens to habit this virtual space. Meetings are now little rooms where everyone put a screen behind himself and others while pretending to listen to someone who connected his own screen to a projector (because the only way to have us outside of our own little screen is a bigger shared screen). Tablets and phones are screen-only computers designed to take our attention, to make us consume more and more contents even when we are with beloved ones.</p> <p>Browsing the Gemini network with Offpunk allowed me to realise how &quot;consuming and producing content&quot; was a disease and not something we ever wanted to do as humans.</p> <ul> <li><a href="/2022-10-05-there-is-no-content-on-gemini.html">There is no content on Gemini</a></li> </ul> <h2>The Lost Input</h2> <p>But while computers were transformed into screens, we completely lost the main input mechanism: the keyboard. It is not that the inefficient and absurd misaligned qwerty keyboard didn’t evolve. It actually worsened. We lost the mechanical keys in the search for flatness. We lost comfort. We lost any ergonomics. The only point was to make a keyboard as flat as possible and the same size as the screen to fit it in a laptop. With its infamous butterfly keyboard, Apple even managed to make it painful to type. And I’m not talking about those small touchscreen keyboards which still mimic a full, often misaligned, qwerty keyboard.</p> <p>We know what a good keyboard is. Independent tinkerers managed to build awesome stuff. There were some really interesting experiments but, in the end, it looks like every attempt at reinventing the keyboard ends in some kind of split orthogonal form with alternative layout (Dvorak, Colemak or, for me, Bépo). </p> <ul> <li><a href="https://ergodox-ez.com/">The Moonlander keyboard</a></li> <li><a href="http://typematrix.com/">The Typematrix keyboard</a></li> </ul> <p>Why haven’t we seen a single computer with such a built-in keyboard? Because computers are not built to type any more. There are built to consume content. Even professional coders spend more time consuming Slack messages and Github badge notifications than writing code.</p> <h2>The Clamshell Compromise</h2> <p>When you add a bright screen to a cramped keyboard, you end up with the worst possible design: the clamshell laptop.</p> <p>The clamshell is perfect to close it and put it in a bag. It is awful to use. It is like giving a triangle to a cello player before a concert because, hey, the triangle is easiest to travel with.</p> <p>With a clamshell, the keyboard and the screen are never where there should be. The keyboard is too high, forcing our arms and shoulders in a stressful position while the screen is too low and deforms our neck. Our body is suffering because we don’t want to think about what we do with our computers.</p> <p>As I was thinking why it was so relieving to let the paper roll horizontally on my typewriter, I realised that it allowed me not to read it all the time. I was encouraged to look outside while typing, having only glances at the paper. When lying lower, text is more comfortable to read horizontally. You only need a really slight angle to read a book open on a table. </p> <h2>What it means for the Forever Computer</h2> <p>All those points made me realise that a true Forever Computer should be built &quot;keyboard first&quot;. The keyboard should be the most important part, with a housing for travel. The same housing could host a small screen, possibly an e-ink one. While travelling, that would allow you to read deeply (with the screen in your hand, like an e-reader) or to attach it to the keyboard to write while not being absorbed by the screen. You separate the action of reading and writing instead of being always between two chairs.</p> <p>The keyboard would feature a port to plug a bigger screen that you could have at home or in your office. Those screens could be put on the wall or, like any external monitor, configured to be at eye level.</p> <p>When you think about it, it allows us to reintroduce the locality of action. Want to watch videos? Go to the living room and plug to the big screen. Want to code in an IDE or do some graphic work? Go to the office and plug into your desk’s screen. Not at your desk? You can read, takes notes, answer your emails (that will we synchronised when needed). But don’t pretend to code a little, answer a message, watch a video while eating at a restaurant. </p> <h2>Flipping the trend</h2> <p>We currently own a screen with very minimal input to allow us to consume content and access our own data which are on some company servers. The only thing we own, the only thing we pay for is a screen. Sometimes with a bad keyboard.</p> <p>What I call the Forever Computer is exactly the opposite. You own your input (your favourite keyboard and trackball). You own your data (stored with the computer itself in the keyboard housing). The screen is only a commodity. You can share the screen, you can use someone else screen, you can plug to the one in your hotel room.</p> <p>This is the point where my dream made me realise what a nightmare our tech dystopia has become. When did building the same old laptop or phone with a handful of replaceable part became the epitome of sustainability and innovation? Why is cramming a few more pixels and a few more CPU cycles to allow hundred megabytes of JavaScript to render some text using a cool new font seen as &quot;a revolution&quot;. Like any other tool, we should accept that you need to learn how to use a computer. Short-term UX marketing and regular updates with arbitrary changes in the interface have killed the very notion of &quot;learning to use a computer&quot;. People have been reduced to &quot;consumers having to adapt to the change of their consuming machine&quot;. We forgot that a computer should not hide how it works to be easy but instead allow its user to learn gradually about it. If we want durability, learnability is the key. When you learn something, you take care of it. You start to like it, to maintain it. It’s the opposite of forced upgrade cycles.</p> <p>I don’t know if there will be something like my &quot;Forever Computer&quot; in my lifetime. But there’s one thing I’m now certain: the ethical computer will be radically different of what we have in 2022. Or it will never be.</p> <h2>Links and further resources</h2> <p>If you want to discuss the Forever Computer, I’ve opened a mailing-list on the subject. Join us!</p> <ul> <li><a href="https://lists.sr.ht/~lioploum/forevercomputer">Forever Computer Mailing-list.</a></li> </ul> <p>I’m closely following the work done by MNT on its Reform and its future Reform Pocket computers. People like them are probably those that could reinvent computing and free us from the current paradigm.</p> <ul> <li><a href="https://mntre.com/">MNT Research</a></li> <li><a href="https://mntre.com/media/reform_md/2022-07-01-july-update.html">MNT Reform Pocket.</a></li> </ul> <p>While not radical at all, the Framework is probably the most interesting project for regular computer users.</p> <ul> <li><a href="https://frame.work/fr/en">Frawework laptops</a></li> </ul> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net …et autres joyeusetés que nous réserve le futur https://ploum.net/et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur/index.html 2022-11-28T00:00:00Z 2022-11-28T00:00:00Z <h1>…et autres joyeusetés que nous réserve le futur</h1> <a href="/files/stagiaire-au-spatioport-omega-3000.jpg"><img alt="Couverture de « Stagiaire au spatioport Omega 3000… et autres joyeusetés que nous réserve le futur »." src="/files/stagiaire-au-spatioport-omega-3000.jpg" width="450" class="center"></a><p class="subtitle">Couverture de « Stagiaire au spatioport Omega 3000… et autres joyeusetés que nous réserve le futur ».</p><blockquote> Pourriez-vous devenir le premier Madame pipi mâle de la station spatiale Omega 3000 ? Ou optimiser le rendement des mines de chocolat de la Lune ? La vie privée étant abolie, percerez-vous l&#x27;identité secrète de l&#x27;homme le plus riche du monde ? Comment lutter contre les monopoles informatiques si, lassée de vous voir taper à la machine, votre famille vous inscrit à une initiation aux ordinateurs ? Jouerez-vous un rôle majeur dans le destin de la galaxie ou resterez-vous un figurant ?<br></blockquote> <p>Toutes les réponses à ces questions (et à bien d’autres) sont désormais disponibles dans « Stagiaire au spatioport Omega3000 et autres joyeusetés que nous réserve le futur », un recueil de nouvelles désormais disponibles en ligne et dans toutes les librairies de Suisse. Il arrivera dans celles de France et de Belgique en février 2023.</p> <p>Ce qui est un peu tard pour les cadeaux de Noël/Newtonmass, raison pour laquelle vous pouvez directement commander ce recueil chez l’éditeur.</p> <ul> <li><a href="https://pvh-editions.com/shop/livres-imprimes/271-stagiaire-au-spatioport-omega-3000-9782940609253.html">Commander « Stagiaire au spatioport Omega 3000 et autres joyeusetés que nous réserve le futur »</a></li> </ul> <p>« Stagiaire au spatioport Omega 3000 » est une idée cadeau idéale, car, contrairement à un roman, qu’on aime ou qu’on n’aime pas, le livre offre ici 15 histoires très différentes. Certaines plus farfelues, d’autres sérieuses. Des rigolotes, des absurdes ou des interpelantes voire tout simplement poétiques. L’une évoque la problématique du genre dans le cadre du space opera ( « Stagiaire au spatioport Omega 3000 »). D’autres alertent sur l’emprise des monopoles informatiques ( « Le dernier espoir »), la disparition de la vie privée en ligne ( « Le jour où la transparence se fit » ) ou l’impact à très long terme de nos choix technologiques ( « Les successeurs » ).</p> <p>En (vous) offrant ce recueil, vous offrez donc des moments de plaisir, de rire et de poésie, mais également, sans en avoir l’air, des pistes de réflexion et des introductions à des sujets potentiellement difficiles que vous, lecteurs de mon blog, vous connaissez probablement déjà.</p> <p>Autour de la bûche de Noël, rien que le titre et la couleur de la couverture devraient occuper une bonne partie de la soirée et détourner un bon moment les conversations de la coupe du monde au Qatar, de la crise économique et de la guerre en Ukraine. Avouez que, à ce prix là, c’est donné !</p> <p>Alors, plutôt que de parcourir les centres commerciaux surchauffés, offrir 15 nouvelles est une idée de cadeau rapide, chic et pas cher !</p> <p>Pour ceux dont la liste de lecture peut attendre février, commandez le livre dès maintenant chez votre libraire. On ne se rend compte de l’importance des librairies que lorsqu’on les perd, soutenez-les ! L’ISBN est 978-2-940609-29-1.</p> <ul> <li><a href="https://www.placedeslibraires.fr/livre/9782940609291-stagiaire-au-spatioport-omega-3000-et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur-ploum-kispredilov/">Fiche du livre sur Place des libraires</a></li> </ul> <h2>Plus qu’un simple recueil…</h2> <p>Depuis ma plus tendre enfance, je dévore les recueils de nouvelles. J’adore quand les nouvelles sont entrecoupées d’anecdotes par l’auteur. Ce que fait Isaac Asimov avec un talent incroyable. </p> <p>Lorsque Lionel, mon éditeur homonyme, m’a proposé de publier un recueil de nouvelles, j’ai d’abord pensé à les rassembler de manière traditionnelle, n’osant même pas tenter d’imiter le grand Asimov. Mon épouse m’a convaincu d’écouter mon intuition et de faire ce recueil avant tout pour moi, comme je voudrais le lire.</p> <p>Donc acte. Chaque nouvelle est désormais accompagnée d’une petite note où j’explique l’inspiration et le processus d’écriture derrière le texte. Parfois, je digresse un peu sur les thèmes qui me sont chers. Vous me connaissez, on ne se refait pas…</p> <p>Le résultat est que loin d’être juste un assemblage de texte, ce recueil est devenu une forme de mise à nu, un partage très intime entre l’écrivain et chaque lect·eur·rice. Avec mon éditeur, nous avons pris la décision d’inclure également quelques « erreurs de jeunesse ». Ce ne sont pas mes meilleurs textes, mais rendre transparente mon évolution personnelle est une manière d’illustrer mon travail et, je l’espère, d’inspirer d’autres à apprécier leurs propres progrès. Pour tout avouer, je n’ose pas me relire, je suis un peu gêné de ce que vous allez découvrir de moi. Tout en étant très fier d’offrir un recueil qui est bien plus que la somme des textes qui le composent. </p> <p>Si vous lisez ce blog, ce recueil est ce qui s’en rapproche le plus au format papier. Tout en étant bien plus amusant et gai à lire. Le partager et le recommander est la plus belle manière de soutenir mon travail.</p> <ul> <li><a href="https://pvh-editions.com/shop/livres-imprimes/271-stagiaire-au-spatioport-omega-3000-9782940609253.html">Commander « Stagiaire au spatioport Omega 3000 et autres joyeusetés que nous réserve le futur » (format papier)</a></li> <li><a href="https://pvh-editions.com/shop/collection-ludomire/276-epub-stagiaire-au-spatioport-omega-3000-9782940609253.html">Le recueil au format epub</a></li> </ul> <p>Je serai très heureux d’avoir vos avis, vos réactions, de lire vos critiques sur vos blogs ou vos espaces en ligne respectifs. N’hésitez pas à m’envoyer vos retours. Sur Mastodon, je vous propose d’utiliser le hashtag #omega3000.</p> <p>Et si vous avez découvert la surprise (qui est, si Wikipédia est exact, une première mondiale), chut ! Ne la spoilez pas pour les autres…</p> <div class="signature"><p>Ingénieur et écrivain, j’explore l’impact des technologies sur l’humain. Abonnez-vous à mes écrits en français <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">par mail</a> ou <a href="/atom_fr.xml">par rss</a>. Pour mes écrits en anglais, abonnez-vous à <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">la newsletter anglophone</a> ou <a href="/atom.xml">au flux RSS complet</a>. Votre adresse n’est jamais partagée et effacée au désabonnement.</p> <p>Pour me soutenir, <a href="/livres.html">achetez mes livres</a> (si possible chez votre libraire) ! Je viens justement de publier un <a href="/et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur/index.html">recueil de nouvelles</a> qui devrait vous faire rire et réfléchir.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Offpunk 1.7 : Offpunk and Sourcehut https://ploum.net/2022-11-15-offpunk17-sourcehut.html 2022-11-15T00:00:00Z 2022-11-15T00:00:00Z <h1>Offpunk 1.7 : Offpunk and Sourcehut</h1> <p>Releasing Offpunk 1.7 today which fixes a handful of crashes and brings some nice features.</p> <p>UPDATE : releasing 1.7.1 because of a crash in 1.7</p> <p>1. Autocompletion on your list names with &quot;add&quot;, &quot;move&quot; and &quot;list&quot; command. This is really useful if, like me, you are playing with 20 different lists.</p> <p>2. In Gemini and Gopher, plain text links are added to the list of links of the page. This is really useful with Gopher posts where the culture is to add a bunch of links at the end of the post with a number. After reading a post, simply press &quot;enter&quot; (keep the command empty) to see the list of links in that post, including in Gopher.</p> <p>3. Added a configurable &quot;search&quot; command which, by default, uses kennedy.gemi.dev.</p> <p>4. Added a configurable &quot;wikipedia&quot; (or &quot;w&quot;) command which, by default, uses vault.transjovian.org. Also added shortcuts for English, French and Spanish: &quot;wen&quot;, &quot;wfr&quot; and &quot;wes&quot;.</p> <p>I used those default but I’m open to suggestions to change them if there are better alternatives. Please send me an email to offpunk@ploum.eu or send your suggestion to the devel mailing list.</p> <ul> <li><a href="https://lists.sr.ht/~lioploum/offpunk-devel">Offpunk-devel mailing list</a></li> </ul> <h2>Wait? Is Offpunk on sourcehut now? What about notabug/tildegit?</h2> <p>Hosting Offpunk is a complicated story.</p> <p>At first, offpunk started as a simple fork of AV-98 and was thus called &quot;AV98-offline&quot;. Like AV-98, it was hosted on tildegit because it was a fork.</p> <p>Realising that the project started having a life on its own and could never be merged back to AV-98, which was the original intent, I changed its name to Offpunk, thinking it was just marketing after all. I didn’t even change the name on the repository immediately, not even thinking about it. Yes, I’m that bad at marketing.</p> <p>As I was one day playing in tildegit settings, I saw &quot;AV98-offline&quot; in a field and changed it by &quot;offpunk&quot;. I didn’t imagine that this would also change the URL of the page and break any old link to the project. But too late, it was done.</p> <p>First move.</p> <ul> <li><a href="https://tildegit.org/ploum/offpunk">Offpunk on tildegit</a></li> </ul> <p>As Offpunk started to attract attention, several contributors complained that they could not open an account on tildegit, which was reserved for people active in the tilde universe. I was aware of another fork of AV-98 where ew0k was maintaining a few patches. I knew well about it because I forked his fork myself to get those patches into Offpunk. This AV-98-community-edition was hosted on notabug.eu. Notabug.eu was open to anyone. So I moved there.</p> <p>Second move.</p> <ul> <li><a href="https://notabug.org/ploum/offpunk/">Offpunk on notabug</a></li> </ul> <p>What I learned the hard way was that notabug.eu is doing strange things with git tags and, worst of all, doesn’t have a RSS feed to follow releases, something of uttermost importance for packagers. I consider packagers the most important link between users and developers. I really want their work as easy as possible (and still hoping to see offpunk one day in Debian, BSD and Void). As I was toying with sourcehut, I created an offpunk project there to enable an RSS feed of the releases.</p> <p>Third move, fourth repository in less than a year.</p> <p>I still keep notabug as I believe that the interface might be more familiar to lots of users but I’m hoping to use more and more sourcehut for mailing list, to browse the code, to handle tickets/bug reports (no bug reports were created on sourcehut so far, still waiting to test it). Sourcehut will also host the future Offpunk website.</p> <ul> <li><a href="https://git.sr.ht/~lioploum/offpunk">Offpunk on sourcehut</a></li> </ul> <p>I hope this explanation helps you to understand why offpunk situation is so confusing. I’m sorry for that, it’s all because I was a bit careless on this aspect.</p> <p>If offpunk makes you curious but you are still a bit confused about what it is or how it works, I would really be happy to hear from you. This software has changed my online life so deeply that I would like to give others the opportunity to do the same. I created an offpunk-users mailing list where we can discuss together, in the open and where I can read your experience and your suggestions.</p> <ul> <li><a href="https://lists.sr.ht/~lioploum/offpunk-users">Offpunk-users mailing list</a></li> </ul> <h2>Conclusion</h2> <p>As I’m more and more tired of &quot;fun&quot; features, gamification, heavy JS interfaces, my love for sourcehut is growing. I’m a bit concerned by the ban of blockchain projects as I like blockchain technologies. I understand Drew’s position on this (most blockchain projects are, in fact, scams disguised as cool open source projects) but I do really appreciate the work Drew is doing, both on the software and business side. I want to support it and I was really happy to see Drew change his mind about not-rejecting HTML email on lists. Not that I really care about the issue but I care about a benevolent dictator for life being able to slightly change his mind on some of his core principles.</p> <p>Today, I applied for the first time a patch sent to offpunk-devel. A new workflow which, in the long run, is a lot more adapted with working offline. Thanks for the patch, Sotiris Papatheodorou!</p> <p>Conclusion: offpunk 1.7 is released and has found a new home on sourcehut. I hope that this move was the last for a very long time.</p> <p>Happy offline browsing!</p> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Présence à Toulouse au Capitole du Libre ces 19 et 20 novembre (avec des surprises !) https://ploum.net/presence-a-toulouse-au-capitole-du-libre-ces-19-et-20-novembre-avec-des-surprises/index.html 2022-11-14T00:00:00Z 2022-11-14T00:00:00Z <h1>Présence à Toulouse au Capitole du Libre ces 19 et 20 novembre (avec des surprises !)</h1> <p>Ce samedi 19 novembre, à 11h30, je donnerai une conférence à Toulouse au Capitole du Libre sur le thème :</p> <blockquote> Attention ! Cette conréfence n’est pas une conréfence sur le cyclimse ! Merci de votre compréhension !<br></blockquote> <ul> <li><a href="https://capitoledulibre.org">Capitole du Libre 2022</a></li> </ul> <p>Ça parlera de culture, de libre, de culture libre, de liberté de culture et de l’importance d’échapper à la monoculture, de libérer nos cerveaux en libérant nos références culturelles.</p> <p>J’en profiterai pour annoncer quelques bonnes surprises dont je n’ai pas encore eu l’occasion de parler sur ce blog.</p> <p>Après la conf, je resterai jusqu’au dimanche après-midi, assis à une table entre Pouhiou et David Revoy, excusez du peu, pour dédicacer mon roman Printeurs et, première surprise, mon nouveau recueil de nouvelles qui n’est officiellement pas encore sorti.</p> <p>Quand je dis « pas encore sorti », je veux dire que même moi je ne l’ai pas encore vu. Mon éditeur a envoyé une poignée des tout premiers exemplaires imprimés directement à Toulouse. Je le découvrirai donc devant vous à la table de dédicace. Une exclusivité, comme le cassoulet, 100% toulousaine. Je peux cependant déjà vous dire que si vous êtes partisan du respect de la vie privée, si vous pestez contre l’invasion des smartphones ou que vous vous êtes déjà retrouvé face à un extra-terrestre gluant dans des toilettes qui ne correspondaient pas à votre sexe, vous devriez trouver votre bonheur dans ce recueil qui devrait arriver dans toutes les librairies françaises, belges et suisses en janvier.</p> <p>Si vous êtes dans le coin, n’hésitez pas à venir faire un tour et, si le cœur vous en dit, à m’aborder.</p> <p>J’ai découvert aux Imaginales à Épinal que plusieurs lecteurs hésitaient à m’aborder pour « ne pas me déranger ». J’avoue que je déteste être dérangé quand je suis concentré, mais si je vais à une conférence, c’est précisément pour rencontrer des gens. Donc pour être dérangé ! Et vous n’avez pas à vous justifier de ne pas acheter mes livres. D’ailleurs, les ventes seront assurées par un libraire professionnel.</p> <p>Pour ceux qui préfèrent les versions électroniques, mais souhaitent malgré tout une dédicace, je vous propose de venir avec le morceau de papier/carton de votre choix. Je le glisserai dans ma machine à écrire pour vous faire un petit mot.</p> <p>Parce qu’au fond de moi, ça me fait sacrément plaisir de retrouver une conf libriste, de me retrouver au milieu de geeks et geekettes en t-shirts déglingués, de discuter de vive voix après parfois près de vingt années d’échanges sur le net, de m’associer à d’autres Vimeurs pour troller les utilisateurs d’Emacs, de parler de Gemini et de naviguer en ligne de commande avec des gens qui trouvent ça normal (je peux vous faire une démo d’Offpunk, mon navigateur web offline), de vous donner des nouvelles de ma boulangère …</p> <p>Bref, je suis sacrément content de vous (re)voir ! </p> <p>(non je ne suis pas malade en voiture. C’est juste que quand je suis content je vomis. Et là je suis hypercontent !)</p> <div class="signature"><p>Ingénieur et écrivain, j’explore l’impact des technologies sur l’humain. Abonnez-vous à mes écrits en français <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">par mail</a> ou <a href="/atom_fr.xml">par rss</a>. Pour mes écrits en anglais, abonnez-vous à <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">la newsletter anglophone</a> ou <a href="/atom.xml">au flux RSS complet</a>. Votre adresse n’est jamais partagée et effacée au désabonnement.</p> <p>Pour me soutenir, <a href="/livres.html">achetez mes livres</a> (si possible chez votre libraire) ! Je viens justement de publier un <a href="/et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur/index.html">recueil de nouvelles</a> qui devrait vous faire rire et réfléchir.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Evolution of the Web. https://ploum.net/2022-11-09-web2020.html 2022-11-09T00:00:00Z 2022-11-09T00:00:00Z <h1>Evolution of the Web.</h1> <h2>The Web, circa 2000: </h2> <p>A website is a place where people can read what you wrote.</p> <h2>The Web, circa 2020:</h2> <p>A website is an online place where you can tell people to follow you on different social media so they might have a chance, if the algorithm allows it, to read what you hope to write in the future.</p> <p>A social media is a platform where you can create an account, get an audience and ask them to follow you on another social media platform. </p> <h2>Gemini, circa 2020: </h2> <p>Cf &quot;The Web, circa 2000&quot;.</p> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Our responsibility as software engineers https://ploum.net/2022-11-07-software-engineers-responsibility.html 2022-11-07T00:00:00Z 2022-11-07T00:00:00Z <h1>Our responsibility as software engineers</h1> <p>On Twitter, an ex-Twitter engineer called Steve Krenzel talk about his job and we can infer that it’s not different from Google/Facebook/Microsoft.</p> <ul> <li><a href="https://nitter.grimneko.de/stevekrenzel/status/1589700721121058817">Twitter thread from Steve Krenzel</a></li> </ul> <p>While we have no confirmation that this is true, there’s no particular reason to doubt what is said. There’s no huge secret. But this serves as a reminder.</p> <p>A reminder that it is normal that any application on your phone is registering every single action you are doing, every single location and beaming those info back.</p> <p>A reminder that companies are buying those data and, no, they don’t care about privacy. They want hard data on individuals. And they got them.</p> <p>A reminder that this is the world we are currently living in with phones recording position and sound everywhere. For one story where the engineer refused to do it, how many times was it done silently?</p> <p>As software engineers, we have a huge moral responsibility. We are not only implementing it, we are ourselves using those tools and letting our family and children using them.</p> <p>We are like medical experts discussing the toxicity of tobacco while working for the big tobacco industry and, more importantly, buying cigarettes for our own children.</p> <p>For software engineer, moving the needle is easy: just say no. Say no to jobs which are against your own moral compass. Just tell your friends, your family. Refuse to help them when setting their new phone or their new MacBook. The whole industry lies on our implicit complicity. </p> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net Thank you rawtext.club (and the whole Gemini sphere)! https://ploum.net/2022-11-06-thankyou-rawtext-club.html 2022-11-06T00:00:00Z 2022-11-06T00:00:00Z <h1>Thank you rawtext.club (and the whole Gemini sphere)!</h1> <p>For years, I’ve been planning to migrate my blog from Wordpress to a more minimalistic solution. I did multiple experiments, worked hard with providers, even contributed to writefreely but nothing managed to stick.</p> <p>Problem was, like always, the customer: myself. I didn’t exactly know what I wanted. I even wrote huge requirements and discussed them with potential providers. I wanted a minimalistic blog but I wanted lots of features. When I discovered Gemini, it was only one more feature to add to my minimalistic blog.</p> <p>In the meantime, I started a gemlog on rawtext.club. Because the name really reflected what I wanted to be. I started writing for this gemlog and rediscovered the pleasure of writing what I wanted to write, without caring about the audience, the design, the social networks. I found back why I was writing in the first place.</p> <p>Everything was done by hand. I wrote a .gmi file, uploaded it on the server then modified the index.gmi by hand. That was all. It was beautiful.</p> <p>The more I was writing, the more I saw people sharing links of my gemlog through gemini proxy. I thought that I should generate an HTML version… Wait a moment…</p> <p>That was the moment.</p> <p>The moment when I realised that I should not make my weblog available through Gemini. No, I needed to make my gemlog available on the web and migrate all my old content into my gemlog.</p> <p>And that’s what I did. I started a python script generating my index.gmi. And to convert my posts to html. And to do all the things you never think about when you start writing software. Until it works.</p> <p>As I don’t want to host my blog (which can attract lots of traffic) on rawtext.club, I’m currently hosting it on sourcehut under the domain ploum.be :</p> <ul> <li><a href="gemini://ploum.be">Ploum.be (Gemini)</a></li> <li><a href="https://ploum.be">Ploum.be (https)</a></li> </ul> <p>I will migrate the official domain ploum.net when I finish doing the last bit (sending content to a mailing list) but, for Gemini users, my official gemlog will be ploum.be (and will stay valid, even after ploum.net has migrated).</p> <p>I will keep rawtext.club as a mirror as long as I don’t consume too much resource.</p> <p>Thank you cmccabe, thank you rawtext.club folks, thank you solderpunk, thank you gemininauts. For the hosting, sure, but, mostly, for the huge inspiration. Like a moth, I was attracted by the luminous &quot;rawtext.club&quot; name. It made me think, it made me realise what was important to me, what I truly wanted to share, to transmit and what I wanted to let go.</p> <p>The pleasure I had to write and read all your gemlogs helped me to realise who I truly wanted to be online and to get rid of all the cruft I thought was necessary to have a successful blog.</p> <p>So thank you. Keep reading. Keep writing. And thank for all the fishes.</p> <p>PS: My blog was initially called &quot;Where is Ploum?&quot; As the private joke/reference to wally/waldo was lost, I decided to simply call it &quot;Ploum.net&quot;. Easy and efficient. But my gemlog was called &quot;Ploum’s Offline Typewriter&quot;. I’m now thorn between keeping this name or going back to the more straightforward &quot;Ploum.net&quot; (which works in French). </p> <div class="signature"><p>As a writer and an engineer, I like to explore how technology impacts society. You can subscribe <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">by email</a> or <a href="/atom_en.xml">by rss</a>. I value privacy and never share your adress.</p> <p>If you read French, you can support me by buying/sharing/reading <a href="/livres.html">my books</a> and subscribing to my <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">newsletter in French</a> or <a href="/atom_fr.xml">RSS</a>. I also develop <a href="software.html">Free Software</a>.</p> </div> Ploumhttps://ploum.net La légèreté d’un monde sans Twitter https://ploum.net/la-legerete-dun-monde-sans-twitter/index.html 2022-11-01T00:00:00Z 2022-11-01T00:00:00Z <h1>La légèreté d’un monde sans Twitter</h1> <p>Il y a un peu moins d’un an, j’ai supprimé mon compte Twitter. Un compte vérifié avec la célèbre icône bleue, suivi par près de 7000 autres comptes Twitter.</p> <p>Si ce n’est pas exceptionnel, ce compte n’en était pas moins relativement &quot;influent&quot; sur l’échelle Twitter. J’ai pourtant décidé de tenter l’expérience de m’en passer complètement, pour voir. Je savais que j’avais un an pour faire marche arrière. Durant un an, mon compte serait &quot;réactivable&quot; avant d’être définitivement supprimé. Il me reste donc quelques semaines pour changer d’avis.</p> <p>Et pourtant, cela ne me viendrait pas à l’esprit.</p> <h2>Un sentiment de liberté</h2> <p>Je m’étais déjà déconnecté de mon compte Twitter pendant des périodes plus ou moins longues, jusqu’à trois mois. Mais la suppression est complètement différente. En quelques jours, j’ai tout simplement arrêté de penser à ce qui se passait sur Twitter. J’ai arrêté de penser que ce réseau existait. L’expérience a été la même que pour Facebook et LinkedIn : en supprimant le compte, je me suis ôté un poids énorme. C’est pour Twitter, le réseau auquel j’étais le plus accroc, que la sensation a été la plus forte.</p> <p>Il est simple de se retirer des réseaux que l’on n’aime pas ou qu’on utilise peu. Le réel changement vient d’accepter de se retirer d’un réseau dont on connait la nocivité, pour soi et pour le monde, sans pourtant pouvoir s’en passer. Parce qu’on est persuadé d’en tirer plus de bien que de mal.</p> <p>Je suis un blogueur et écrivain qui cherche la gloire. Qui cherche le buzz. Qui cherche à vendre des livres, à être lu, à toucher des lecteurs. Les réseaux sociaux sont littéralement conçus pour les gens comme moi. Et pourtant, ils me prennent beaucoup en m’apportant bien peu. Les pseudobénéfices ne sont que du vent. Une icône bleue à côté de mon nom ? La belle affaire ! Un nombre à quatre chiffres sous la marque &quot;abonnés&quot; ? Un simple attrape-nigaud pour que je tente à tout prix de le faire augmenter.</p> <p>Twitter ne me manque pas. Au contraire. Je me demande sans cesse pourquoi je ne l’ai pas quitté plus tôt. Pourquoi ceux qui, comme moi, ont la conscience de la nocivité de cette plateforme la crédibilisent en restant dessus. (je ne vais pas leur jeter la pierre, j’en faisais partie il y a moins d’un an).</p> <h2>La migration vers Mastodon</h2> <p>Je souris de la naïveté de certains utilisateurs qui s’indignent de l’arrivée d’Elon Musk à la tête de Twitter. C’était pourtant clair depuis le début, non ? Vous êtes des &quot;utilisateurs&quot;. Vous êtes une marchandise, vous créez la valeur de l’entreprise, que ce soit pour Elon Musk ou un autre. Vous êtes les pigeons et votre indignation ne fait qu’alimenter les débats, les interactions et donc les intérêts publicitaires.</p> <p>Il n’y a pas de bonne manière d’utiliser un réseau propriétaire. En créant un compte, nous acceptons d’être utilisés, manipulé et que chacune de nos interactions y soit désormais monétisée.</p> <p>Il y a déjà 5 ans, je tentais de promouvoir Mastodon, une alternative libre et décentralisée à Twitter. Je lis souvent des remarques comme quoi c’est beaucoup plus compliqué.</p> <p>Non.</p> <p>C’est juste différent. Si tu n’arrives pas à utiliser Mastodon, c’est que tu n’en as tout simplement pas envie.</p> <p>C’est plus facile de manger un burger au Macdo qu’un plat équilibré avec des légumes. C’est plus facile de balancer ses déchets dans un parc plutôt que de faire du tri. L’argument de la facilité n’en est pas un. Le monde se modèle selon l’énergie que nous y mettons.</p> <p>Il faut créer un compte avec un mot de passe et tout ? Sur Twitter aussi. C’est juste que tu as l’habitude. C’est juste que tu t’es connecté sur un serveur Mastodon, que tu as découvert que tu avais 0 follower, que tu n’avais plus la petite icône bleue, que tu ne savais plus &quot;promouvoir tes tweets&quot;, que tu ne voyais plus des likes s’afficher en direct sous tes messages. Que tu n’es plus revenu et que donc tu as oublié ton mot de passe. Que c’est plus facile d’accuser le logiciel libre d’être compliqué plutôt que d’affronter sa propre vacuité.</p> <p>Si tu n’as pas l’envie d’apprendre à utiliser Mastodon, c’est compréhensible. Personne ne te force. Mais n’accuse pas la plateforme.</p> <p>Twitter est très bon pour te faire croire que tu es un utilisateur important. Mais sur le Fediverse, le réseau décentralisé auquel participent les serveurs Mastodon, il n’y a pas d’utilisateurs, encore moins des importants. Il y a juste des personnes qui sont toutes sur le même pied d’égalité.</p> <h2>La plateforme ne peut pas remplacer l’introspection</h2> <p>C’est peut-être ça le plus difficile à accepter : ce n’est pas Mastodon ni le logiciel libre le problème. C’est toi. C’est toi qui cherches à te sentir important, à être valorisé. En achetant des vêtements chers, le dernier iPhone le jour de sa sortie, une grosse voiture ou une icône bleue à côté de ton pseudo Twitter. Ou tout simplement en ayant beaucoup de retweets, en étant beaucoup cité dans les débats.</p> <p>La question n’est pas de faire un Twitter-sans-Elon-Musk. La question est de savoir ce que nous voulons, ce que nous cherchons. De faire la part entre ce que nous prétendons (&quot;communiquer&quot;) et ce que nous voulons réellement (&quot;être valorisé&quot;,&quot;avoir le sentiment d’exister&quot;).</p> <p>J’ai plusieurs fois suggéré de supprimer dans Mastodon l’affichage public du nombre de followers pour couper court à toute potentielle spéculation sur cet indicateur. Si je me rends compte qu’un compte à beaucoup de followers, j’ai tendance instinctivement à penser que cette personne est importante, que son avis vaut la peine d’être écouté. Je ne pense pas être le seul.</p> <h2>Tentez l’expérience</h2> <p>Si votre morale personnelle réprouve ce qu’est ou ce que devient Twitter, je ne peux que vous inviter à tenter l’expérience de supprimer votre compte. Rappelez-vous : vous avez un an pour changer d’avis.</p> <p>Faites fi de ces conversations tellement importantes, de cette communauté que vous ne pouvez pas &quot;abandonner&quot;, de ces ennemis virtuels qui verront votre départ comme une victoire. Tentez simplement de vous aligner avec vos propres valeurs morales. Juste pour voir.</p> <p>Supprimer votre compte est également la seule et unique manière de protester, de toucher l’entreprise là où ça lui fait mal.</p> <p>Bien sûr, vous pouvez aussi venir sur Mastodon. Mais ce n’est pas nécessaire. C’est même peut-être contreproductif. Si vous étiez accroc à Twitter, vous serez tenté de voir dans Mastodon un substitut. Il est sans doute préférable de se sevrer de Twitter avant de découvrir autre chose.</p> <h2>Bonus</h2> <p>Installez l’extension libredirect dans votre navigateur, de manière à pouvoir continuer à consulter Twitter à travers l’interface Nitter (vous pouvez même suivre les comptes Twitter dans votre lecteur RSS). Sur Android, utilisez Fritter.</p> <ul> <li><a href="https://libredirect.codeberg.page/">Libredirect pour Chrome/Firefox</a></li> <li><a href="https://f-droid.org/en/packages/com.jonjomckay.fritter/">Fritter pour Android</a></li> </ul> <div class="signature"><p>Ingénieur et écrivain, j’explore l’impact des technologies sur l’humain. Abonnez-vous à mes écrits en français <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/fr.listes.ploum.net/">par mail</a> ou <a href="/atom_fr.xml">par rss</a>. Pour mes écrits en anglais, abonnez-vous à <a href="https://listes.ploum.net/mailman3/postorius/lists/en.listes.ploum.net/">la newsletter anglophone</a> ou <a href="/atom.xml">au flux RSS complet</a>. Votre adresse n’est jamais partagée et effacée au désabonnement.</p> <p>Pour me soutenir, <a href="/livres.html">achetez mes livres</a> (si possible chez votre libraire) ! Je viens justement de publier un <a href="/et-autres-joyeusetes-que-nous-reserve-le-futur/index.html">recueil de nouvelles</a> qui devrait vous faire rire et réfléchir.</p> </div>