L’humanité a-t-elle trouvé le sens de la vie ?

L’humanité a-t-elle trouvé le sens de la vie ?

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Quel est le sens de la vie ? Pourquoi y’a-t-il des êtres vivants dans l’univers plutôt que de la matière inerte ? Pour ceux d’entre vous qui se sont déjà posé ces questions, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne, c’est que la science a peut-être trouvé une réponse.

La mauvaise, c’est que cette réponse ne va pas vous plaire.

Les imperfections du big bang

Si le big bang avait été un événement parfait, l’univers serait aujourd’hui uniforme et lisse. Or, des imperfections se sont créées.

À cause des forces fondamentales, ces imperfections se sont agglomérées jusqu’à former des étoiles et des planètes faites de matière.

Si nous ne sommes pas aujourd’hui une simple soupe d’atomes parfaitement lisse mais bien des êtres solides sur une planète entourée de vide, c’est grâce à ces imperfections !

La loi de l’entropie

Grâce à la thermodynamique, nous avons compris que rien ne se perd et rien ne se crée. L’énergie d’un système est constante. Pour refroidir son intérieur, un frigo devra forcément chauffer à l’extérieur. L’énergie de l’univers est et restera donc constante.

Il n’en va pas de même de l’entropie !

Pour faire simple, l’entropie peut être vue comme une « qualité d’énergie ». Au plus l’entropie est haute, au moins l’énergie est utilisable.

Par exemple, si vous placez une tasse de thé bouillante dans une pièce très froide, l’entropie du système est faible. Au fil du temps, la tasse de thé va se refroidir, la pièce se réchauffer et l’entropie va augmenter pour devenir maximale lorsque la tasse et la pièce seront à même température. Ce phénomène très intuitif serait dû à l’intrication quantique et serait à la base de notre perception de l’écoulement du temps.

Pour un observateur extérieur, la quantité d’énergie dans la pièce n’a pas changé. La température moyenne de l’ensemble est toujours la même. Par contre, il y’a quand même eu une perte : l’énergie n’est plus exploitable.

Il aurait été possible, par exemple, d’utiliser le fait que la tasse dé thé réchauffe l’air ambiant pour actionner une turbine et générer de l’électricité. Ce n’est plus possible une fois que la tasse et la pièce sont à la même température.

Sans apport d’énergie externe, tout système va voir son entropie augmenter. Il en va donc de même pour l’univers : si l’univers ne se contracte pas sous son propre poids, les étoiles vont inéluctablement se refroidir et s’éteindre comme la tasse de thé. L’univers deviendra, inexorablement, un continuum parfait de température constante. En anglais, on parle de “Heat Death”, la mort de la chaleur.

L’apparition de la vie

La vie semble être une exception. Après tout, ne sommes-nous pas des organismes complexes et très ordonnés, ce qui suppose une entropie très faible ? Comment expliquer l’apparition de la vie, et donc d’éléments à entropie plus faible que leur environnement, dans un univers dont l’entropie est croissante ?

Jeremy England, un physicien du MIT, apporte une solution nouvelle et particulièrement originale : la vie serait la manière la plus efficace de dissiper la chaleur et donc d’augmenter l’entropie.

Sur une planète comme la terre, les atomes et les molécules sont bombardés en permanence par une énergie forte et utilisable : le soleil. Ceci engendre une situation d’entropie très faible.

Naturellement, les atomes vont alors s’organiser pour dissiper l’énergie. Physiquement, la manière la plus efficace de dissiper l’énergie reçue est de se reproduire. En se reproduisant, la matière crée de l’entropie.

La première molécule capable d’une telle prouesse, l’ARN, fut la première étape de la vie. Les mécanismes de sélection naturelle favorisant la reproduction ont alors fait le reste.

Selon Jeremy England, la vie serait mécaniquement inéluctable pour peu qu’il y aie suffisamment d’énergie.

L’humanité au service de l’entropie

Si la théorie d’England se confirme, cela serait une très mauvaise nouvelle pour l’humanité.

Car si le but de la vie est de maximiser l’entropie, alors ce que nous faisons avec la terre, la consommation à outrance, les guerres, les bombes nucléaires sont parfaitement logiques. Détruire l’univers le plus vite possible pour en faire une soupe d’atomes est le sens même de la vie !

Le seul dilemme auquel nous pourrions faire face serait alors : devons-nous détruire la terre immédiatement ou arriver à nous développer pour apporter la destruction dans le reste de l’univers ?

Quoi qu’il en soit, l’objectif ultime de la vie serait de rentre l’univers parfait, insipide, uniforme. De se détruire elle-même.

Ce qui est particulièrement angoissant c’est que, vu sous cet angle, l’humanité semble y arriver incroyablement bien ! Beaucoup trop bien

 

Photo par Bardia Photography.

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Ce texte est publié sous la licence CC-By BE.